Listen

Description

« C’est entre femmes, dans la reconnaissance de nos réalités communes, qu’on pourra changer le monde. »

Malou est une Franco-Suisse d’une quarantaine d’années. Formée au travail social, elle a longtemps milité avant de s’éloigner des mouvements collectifs, déçue par les rivalités et les enjeux d’ego. En Suisse, où le féminisme radical reste marginal, elle se sent isolée. C’est en découvrant Rebelles du genre, puis en entrant en contact avec les Amazones d’Avignon, qu’elle retrouve une communauté de lutte qui lui correspond. Le procès Pélicot devient alors pour elle l’occasion de renouer avec un militantisme collectif, concret et incarné.

Malou retrace son parcours de prise de conscience : jeune, elle se disait féministe tout en intégrant des biais misogynes. Avec le temps, elle comprend l’ampleur de la colonisation masculine des esprits, notamment par le monothéisme, la pornographie et la prostitution. Elle dénonce le transactivisme qu’elle perçoit comme une attaque directe contre la réalité des femmes et la matérialité du corps féminin, et revendique un féminisme radical centré sur la lutte contre l’effacement des femmes.

Lors du procès Pélicot, Malou se rend à Avignon à plusieurs reprises pour soutenir Gisèle. Elle raconte avec colère le choc d’avoir vu les violeurs en liberté, riant et fumant devant le tribunal, et dénonce une justice indifférente voire complice. Son indignation s’accroît face à la brutalité des avocats, aux propos misogynes tenus à l’audience et à l’absence de protection pour la victime. Elle exprime son dégoût devant la fresque du tribunal, peinte par des agresseurs, qu’elle considère comme une insulte aux femmes.

Mais au cœur de cette épreuve, Malou découvre une sororité puissante : un collectif de femmes solidaires, courageuses, capables d’agir sans peur. Elle dit avoir retrouvé grâce aux Amazones une légitimité, une énergie et un sentiment d’appartenance qu’elle croyait perdus. Cette expérience lui redonne confiance dans le militantisme de groupe et dans la force créatrice des femmes.

Elle conclut en appelant les femmes à se libérer de la validation masculine, à se soutenir entre elles malgré leurs différences, et à reconnaître leur puissance collective. Pour elle, la sororité est la voie d’un monde plus juste : « c’est entre femmes, dans la reconnaissance de nos réalités communes, qu’on pourra changer le monde. »