« Ma grand-mère m’a expliqué que ne rien faire, c’était choisir le camp des hommes. »
Vorst est une jeune femme à peine majeure, étudiante et autrice, qui milite avec les Amazones d’Avignon depuis ses 16 ans. Elle raconte comment c’est sa grand-mère, elle-même militante féministe (sous le pseudonyme Alice), qui l’a initiée à ce combat. Au départ, Vorst ne s’intéressait pas au féminisme : elle pensait que « manifester dans la rue ne changeait rien ». Mais sa grand-mère l’a encouragée à s’engager, en lui expliquant que rester passive, c’était soutenir le camp adverse — celui des hommes. Peu à peu, Vorst comprend l’importance de s’impliquer et la force du collectif féminin.
Trois générations de femmes militent ainsi ensemble : la grand-mère, la mère (plus discrète mais présente), et Vorst, qui représente la relève. Elle souligne combien cette transmission intergénérationnelle donne du sens à son engagement et relie les femmes entre elles.
C’est sa grand-mère qui lui parle de l’affaire Pélicot : au début, Vorst ne comprend pas pourquoi elle devrait s’y intéresser, puis elle réalise que le combat dépasse les personnes ; il s’agit d’un symbole. À 17 ans, elle participe à sa première action devant le tribunal : une banderole sur les remparts et le haka féministe du premier jour du procès. Elle avoue avoir eu peur d’être arrêtée, mais l’énergie du groupe transforme sa crainte en adrénaline et en fierté : « Une fois que tu passes le point, c’est bon », dit-elle en comparant cette expérience à l’escalade qu’elle pratique à haut niveau.
Vorst n’a pas pu suivre toutes les audiences, car elle passait le bac, mais elle a continué à se tenir informée. Elle pense aujourd’hui que leur mobilisation « n’a pas servi à rien », que la pression médiatique a eu un effet, même si tout n’a pas changé. Elle en garde de la satisfaction et une conscience nouvelle de la force collective des femmes.
Elle réfléchit aussi à la notion de sororité, qu’elle définit encore avec hésitation : un groupe de femmes différentes mais solidaires, partageant des valeurs communes et se soutenant face à la domination masculine. Elle regrette que ses amies de son âge n’aient pas cette conscience féministe : « Elles s’en foutent, elles rentrent dans le jeu des mecs pour leur faire plaisir. »
En conclusion, elle lance un appel à l’action aux jeunes femmes : « Faut se bouger le cul, les meufs ! » dit-elle avec humour et conviction, en exhortant à sortir du confort, à coller, à militer, à s’engager vraiment. Et elle reconnaît avec un sourire que, finalement, sa grand-mère « avait raison ».