En méditant l’Évangile de ce dimanche, je me suis rappelé un des plus grands succès du cinéma français : Intouchables. Et je me suis demandé à cette occasion pourquoi le titre du film était au pluriel et quel était son sens. Si vous vous souvenez bien du scénario, Driss, alias Omar Sy, un jeune de banlieue un peu paumé en quête d’un travail, se fait embaucher par un riche tétraplégique campé par François Cluzet. Tout oppose ce duo improbable si ce n’est une certaine insensibilité au monde de l’autre, mais au fil de l’histoire ces intouchables vont se laisser toucher. En fait Intouchables, c’est l’histoire d’une rencontre. Quand on bénit des fiançailles — et c’est le début de la saison des mariages pour les prêtres — on vient comme demander au Seigneur de fortifier un homme et une femme qui se sont laissé toucher l’un par l’autre .
Se laisser toucher… voilà bien quelque chose de difficile. Je ne parle pas du toucher physique qui nous est complètement interdit — norme sanitaire oblige depuis des mois. Mais même se laisser toucher dans notre cœur, c’est bien difficile… Pourquoi ? Parce que c’est montrer une certaine vulnérabilité. On n’aime pas se montrer vulnérable, on aime tout contrôler, tout maîtriser dans une société où il faut bien paraître.