La mort de Brigitte Bardot le 28 décembre a fait exploser toutes les lignes de fracture au sein du mouvement animaliste. Dans les médias, sur les réseaux : des hommages débordants, des défenses passionnées d’un côté, et des critiques souvent timides. Son racisme a beaucoup été euphémisé, parfois même excusé ou nié, quand ce n’était pas tout simplement passé sous silence pour encenser plutôt son noble engagement pour les animaux.
Bardot était-elle animaliste ? Oui, très clairement. Mais le reconnaître n’efface en rien le fait qu’elle était aussi raciste. Et ce n'était pas une question de « maladresses » ou de « sorties de route ». Alors pourquoi une grande partie du mouvement a-t-elle eu autant de mal à le dire clairement ? Pourquoi tous ces éloges sans réserve aucune ? Pourquoi même son action animaliste a-t-elle été mise au service de l’absolution de son soutien à l’extrême droite ?
Cet épisode ne dresse pas le bilan moral de Brigitte Bardot. Ce qui nous intéresse, c'est la fonction politique qu'elle a occupée — et continue d'occuper. Comment son animalisme a-t-il pu servir à absoudre son racisme ? Que révèlent les réactions à sa mort sur la blanchité structurelle du mouvement animaliste ? Et qu'est-ce que ça coûte, concrètement, aux militant.es racisé.es qui évoluent dans ces espaces ?
Premier épisode d'une série de trois. La suite explorera la vision du monde suprémaciste de Bardot, puis la façon dont son animalisme (une certaine conception de l’animalisme) et son racisme s'articulent – pas malgré tout, mais au contraire de façon cohérente. On verra qu’on peut alors opposer un certain animalisme réactionnaire à un animalisme émancipateur, non seulement pour les autres animaux, mais pour les humains aussi.
Avec la participation de :
🔸Samah Karaki, docteure en neurosciences, autrice de Contre les figures d'autorité
🔸Antoine Dubiau, doctorant en géographie, auteur d'Écofascismes
🔸Opale, militant·e antispéciste décolonial pour la libération collective
🔸Kaoutar Harchi, sociologue, autrice d'Ainsi l'animal et nous
🔸Myriam Bahaffou, philosophe écoféministe et décoloniale, doctorante sur la co-construction des catégories de race et d'espèce
Un grand merci à chacun·e pour la richesse et la générosité de leurs contributions 🙏🏼
📌 Chapitres :
(00:00:00) 👋🏼 Introduction
(00:01:16) 💥 Pourquoi cet épisode
(00:03:24) ⭐ Le culte de la personnalité
(00:06:00) 🤔 Pourquoi elle ?
(00:08:23) ⚖️ Pas un bilan moral
(00:12:55) 🦭 Bardot était animaliste
(00:17:26) ❌ Bardot était raciste
(00:21:34) 🗳️ Ses liens avec l'extrême droite
(00:26:57) 🚫 L'animalisme ne rachète pas le racisme
(00:30:20) 🐾 Est-il spéciste de la critiquer ?
(00:35:36) 📢 Les réactions du mouvement
(00:43:22) 🏳️ La blanchité du mouvement
(00:54:08) 🔍 Qu'est-ce que la blanchité ?
(01:00:23) 💔 Les conséquences concrètes
(01:05:44) 📝 Conclusion
🎙️Podcast indépendant sans publicité : votre soutien est indispensable !
🎨 Crédits
🐠 Créé et animé par Victor Duran-Le Peuch
💡 Charte graphique : Ivan Ocaña
🎵 Générique : Synthwave Vibe par Meydän
🎶 Musique : Guazú et Achachairú par Guazú
🔔 Abonnez-vous et activez la cloche !
💜 Merci pour votre écoute, bisous !