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Description

Ce n’était pas ce que j’avais prévu de publier aujourd’hui.

Mais comme ça tourne dans ma tête, autant vous l’écrire :

Voilà plus de 10 ans que je partage la vie de M et L.

Une place de beau-père dont je me régale chaque jour.

Tellement d’émotions agréables ressenties à leur contact !

Pourtant j’ai peur…

Peur parce qu’ils grandissent :

Le collège, le lycée, l’internat, les soirées, la conduite, les premiers jobs.

De plus en plus d’autonomie, de plus en plus de libertés.

La suite logique des choses, évidemment.

Il suffit de me rappeler cette époque pour me souvenir à quel point c’était bien !

Oui mais j’ai peur…

Jusqu’à présent, on laissait leur petite barque voguer à son rythme.

Si elle s’emballait, on était là pour la ralentir.

Si elle avait du mal à avancer, on pouvait s’installer près d’eux pour donner un coup de rame.

Si elle déviait du cap, on pouvait remettre leur embarcation dans le bon axe.

Aujourd’hui, chacun dans leur bateau, ils passent du ruisseau à la rivière, de la rivière au fleuve jusqu’à arriver dans le grand bain.

Au début, on les voyait depuis la rive, on pouvait même les rejoindre.

Aujourd’hui, on doit les regarder de plus loin et faisant confiance à leur façon de naviguer.

Ça fait tellement peur…

Est-ce qu’on leur a donné toutes les bonnes clés ?

Est-ce qu’ils sauront éviter les tempêtes, les affronter quand ils les traverseront ?

Est-ce qu’ils sauront garder un cap, ou en changer quand il le faudra ?

Mince… mes propres parents se sont probablement posé toutes ces questions ?

Pourtant je suis persuadé qu’ils me faisaient confiance…

Et alors ? La peur n’empêche pas la confiance, comme elle n’empêche pas le danger.

J’ai peur, je l’assume.

Ils le liront, ils l'entendront, ils le sauront. Je crois même qu’ils le savent déjà.

Loin de moi l’idée de les figer ou de les faire culpabiliser.

Au contraire…

Cette peur est à l’image de l’amour que je leur porte :

Elle est ancrée en moi et sera toujours là.

Mais la confiance que j’ai en eux surpasse tout ça.

Je ne peux pas maitriser les rencontres qu’ils feront, les influences qu’ils pourraient subir, les chemins qu’ils prendront.

Je l’accepte.

Je fais confiance à l’éducation et aux valeurs qu’on leur a donnés.

Je me dis qu’ils savent qu’on les écoutera sans les juger, qu’on fera de notre mieux pour les aider.

On les regardera fièrement, qu’ils soient juste là, près du bord, ou bien au large.

Nos petits matelots vont devenir les capitaines de leurs vies !