La fête des pères…
Les pragmatiques me diraient que ce n’est pas pour moi.
Aucune question à se poser :
Je ne suis pas leur père. = Ce n’est pas ma fête.
Sauf que, dans les faits, ce que j’ai ressenti n’était pas aussi tranché.
Je ne suis pas leur père : OK
Je ne veux pas prendre sa place : OK
Pourquoi je ressentais un pincement quand je les entendais parler du cadeau qu’ils préparaient à l’école ?
Plus je les voyais y mettre du cœur et plus ça me blessait.
Jalousie ? Sentiment d’imposture ?
Est-ce qu’ils faisaient exprès d’en parler devant moi pour que je me sente à l’écart ?
Pas question que ça tourne à la paranoïa !
Ils étaient juste heureux de préparer quelque chose pour leur père.
J’ai essayé de voir ça différemment :
C’était quelque chose d’important pour eux alors ils m’en parlaient.
C’était donc qu’ils voulaient m’impliquer, partager ça avec moi.
Dans leurs têtes d’enfants c’était clair :
Fête des pères = Cadeau pour papa
Pas de deuxième lecture possible.
En prenant un peu de hauteur, je voyais bien qu’ils ne faisaient pas les choses pour me blesser.
Alors pourquoi ce sentiment étrange, si ça ne venait pas d’eux ?
Qu’est ce qui créait ce déséquilibre, ce sentiment d’être mis de côté pour une fête qui ne m’était, pourtant, pas destinée ?
Qu’est-ce qu’on célèbre, exactement, ce jour-là ?
Le fait d’être le géniteur d’un enfant ou plutôt le cœur que l’on met à prendre soin de lui et à l’aimer ?
Mince… C’était ça ?
Mais oui !
Un enfant adopté fêtera le père qui, chaque jour, mettra son énergie à lui offrir la meilleure vie possible.
Si, dans mon inconscient, c’était ça la fête des pères, ce sentiment était normal :
Je les aime comme mes propres enfants.
Je prends soin d’eux la moitié du temps et je les ai dans le cœur, dans la tête pendant l’autre moitié.
En fait, je me comporte comme un père…
Finalement, c’était positif :
Je ressentais ça parce que je les aime et que je ne triche pas.
Eux, répondaient à ce qu’on leur demandait : Offrir un cadeau à leur père.
Il n’y avait pas de malice ou de volonté de me faire souffrir.
Ça allait bien mieux en ayant compris ça :
Je ne m’attendais à rien, ce qui était le meilleur moyen de ne pas être déçu !
Parfois j’ai eu des cadeaux, car leur mère bienveillante était passée par là pour leur suggérer l’idée.
C’était à la fois touchant et gênant, parce que je savais que la démarche n’était pas 100% spontanée.
Je ne voulais pas qu’ils se sentent forcés…
Bon ! J’ai quand même pris le cadeau, les bisous et les câlins !
J’ai toujours eu un petit présent personnalisé, une belle attention, un clin d’œil.
Je n’avais pas envie d’un cadeau qui soit la copie de celui fait à Papa, ou le même en plus petit.
Pourquoi pas les viennoiseries de la veille alors que leur père aurait eu celles du jour ?!
Cette année, j’ai été gâté :
Un « bonne fête » de mon beau-fils qui m’a calmement expliqué pourquoi j’y avais droit.
Essayez de ne pas pleurer, vous !
Une jolie réponse de ma belle-fille à un sondage Insta, pour me faire comprendre que oui, je suis légitime.
Un cadeau acheté exprès pour moi, par leurs soins, sans téléguidage de leur mère, mais juste pour me faire plaisir.
Finalement, c’est ce qui me touche le plus : qu’ils fassent avec leur cœur parce qu’ils en ont envie, pas parce qu’ils y sont contraints.
Merci les enfants !