Etre beau-père, c’est aussi être traversé par des sentiments différents.
Tantôt réconfortants, tantôt déroutants, pas toujours avouables, il n’en reste pas moins que je les ai ressentis et que je les ressens encore, parfois.
Je me suis toujours refusé à les refouler. Je voulais plutôt les comprendre…
La culpabilité :
Très présente au début de notre histoire…
Chaque fois que je voyais les enfants souffrir de cette vie morcelée, que je sentais un « C’était plus simple avant. », ça me transperçait le cœur.
Avoir joué un rôle dans cette situation qui les a désorientés, c’était très difficile à accepter.
Mais j’ai compris que je n’avais été qu’un des facteurs d’un changement déjà amorcé.
Avec ou sans moi, la situation était déjà compliquée.
Qu’est-ce qui aurait été le mieux ? Que leur famille perdure dans un climat tendu entre Maman et Papa ou, que les choses se passent comme elles se sont passées ?
A bien y réfléchir…
La pression :
A mon avis, en lien direct avec le sentiment précédent :
« Cette famille a explosé en partie à cause de moi. Maintenant, il faut que ça marche : pas le droit à l’erreur. »
La pression de la réussite pour ne pas réinfliger une séparation aux enfants.
Cette pression qui fait perdre de vue le réel objectif :
L’amour :
L’amour d’une femme.
L’amour pour cette femme et pour ses enfants.
L’envie de connaitre leur vie, d’en faire partie.
Me rendre compte qu’ils me manquent, que je leur manque.
Râler quand je n’ai pas mon câlin, réclamer des bisous.
En avoir sans les demander…
L’envie d’en prendre soin, ne pas supporter qu’on s’en prenne à eux.
Assumer de dire que je donnerais tout pour eux.
Leur transmettre des valeurs, des expressions, mettre ma patte dans leur vie.
Parler d’eux dès que je peux, comme ces parents gagas de leurs enfants !
Devenir une famille, en somme.
Les aimer, qui sait, comme un père…
Et puis, il y a les sentiments entremêlés :
La joie lorsqu’ils disent qu’ils sont bien à la maison, qu’ils sont au calme.
Et puis une inquiétude, en me disant que ce n’est peut-être pas le cas chez leur père.
Me réjouir pour eux, quand ils font un truc trop génial avec papa et, dans l’instant, ressentir une forme de jalousie. C’est avouable, ça ?
Probablement pas…
Mais je n’ai pas le choix : je ressens toutes ces choses-là.
Est-ce qu’il serait plus sain de les refouler ?
Je me dis que je ne suis pas le seul, alors autant le partager et, pourquoi pas, en parler.
Et vous, des sentiments dont vous aimeriez parler ?