Le paradoxe du carnaval guyanais c’est qu’il est tout à la fois adulé et honni. Et pas seulement à l’étranger ou par l'étranger. Certains sont des fans des premiers instants et ils s’organisent pour tout prendre. Bal paré masqué, carnaval de rue et soirées privées qui émaillent la semaine, jusque le dimanche. Et eux c'est jusqu'à la lie !
D’autres sont des détracteurs absolus et n’ont pas de mots assez forts pour dire que ce carnaval mène le pays à sa perte. Leurs mots sont durs. Ils parlent, remplis de certitudes, d'un pays en petite vitesse économique car pour cette catégorie, il n’y a durant ces quelques semaines que l’amusement qui compte, disent-ils. Un positionnement aussi respectable qu’un autre. Sans doute moins juste qu'il y parait a priori.
Pour des spécialistes, de 5.000 à 7.000 personnes participent activement et à tous les étages de ce temps fort culturel et patrimonial, de l'année. Ce n’est donc pas toute la Guyane, soutiennent-ils, qui est mordu de carnaval. Et pour cause, la population locale d’après l’INSEE c’est plus de 295.000 personnes.
Aujourd’hui, oui l’économie du carnaval existe intégré dans ce que les économistes nomment l'industrie de la culture, qui est de plusieurs milliards d'euros en France. Economie multiforme dans la mesure où elle est partout. Dans les bals parés masqués, dans les groupes constitués qui proposent leur fabuleux spectacle dans les rues.
L’économie du carnaval est aussi dans la fréquentation touristique, dans tous ces gens qui se découvrent des talents de concepteurs et vendeurs ou loueurs de tenues et d’accessoires de touloulou. Pour beaucoup, des activités non officielles pullulant exclusivement pendant la période. Beurre dans les épinards... Débrouyé pa péché !
La bonne organisation mettant en lumière la partie purement économique du carnaval est encore à trouver. Le chemin est simple au regard de ce qui se fait à l’extérieur. Dans des pays de la Caraïbe par exemple, le pilotage est assuré par une structure au moins proche du gouvernement.
A la Guyane de choisir sa voie, son chemin et ce qu'elle attend de l'industrie... du carnaval.