Hello ! J’espère que vous allez bien malgré la canicule. Enfin, aujourd’hui c’est un peu plus supportable. On est le 1er juin, mon mois préféré de l’année. Déjà parce que c’est le mois de mon anniversaire, et parce que c’est le mois qui introduit l’été. Les deux réunis font que c’est aussi le moment où je prends le temps de regarder ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire, comment me projeter pour la suite.
S’il y a des Gémeaux parmi vous : manifestez-vous. On est apparemment le signe le plus adoré et le plus détesté en même temps, et à lire le contenu qui passe en ce moment j’arrive pas à décider si je suis une personne adorable ou totalement détestable 😂. Bref.
Beaucoup de sujets dans cet épisode, je vais les passer rapidement : les changements liés au CDI qui démarre cette semaine (dès le début), un update santé (06:30), les corrections édito de Comète (09:00), la couverture, la liste pour enfants (14:00), le guide diversité (19:10), et mes lectures du mois.
C’est parti pour le CDI
Je suis à une semaine de la reprise du salariat et j’ai l’impression de me préparer à un grand voyage. Depuis trois semaines j’essaye de tout faire en avance : produire du contenu, me mettre à jour sur mes lectures en cours, planifier ma vie d’autrice pour les sept prochains mois, remettre des routines en place, voir des amis et de la famille avant que le rythme change.
Le premier mois va être intense, c’est toujours comme ça quand on change d’emploi. Et surtout, même s’il y a des similitudes avec ce que je faisais avant, travailler dans la cybersécurité c’est une vraie reconversion, il y a énormément à apprendre. C’est ce que j’ai choisi, c’est ce que je voulais. Mais ça va être costaud au début.
Ah, et pendant que j’y suis : vous êtes les premiers à le savoir, je prépare un concours parce qu’on est 40 000 sur Instagram. C’est grâce à vous, clairement. Et pour moi, 40 000 personnes ça veut dire 40 000 personnes potentiellement conscientes de ce qui se passe autour de la représentation des personnes racisées et minorisées dans l’édition, qui luttent à leur échelle, qui diffusent ces messages autour d’elles. En tout cas j’espère que c’est ce que vous faites si vous êtes là. Parce qu’on ne peut pas juste lire des livres avec des personnages racisés tout en ayant les yeux fermés sur tout ce qui se passe à côté. Pour moi c’est de l’incohérence. Mais passons.
Santé : ce que je teste en ce moment
Les insomnies sont toujours là. J’ai fait des analyses, je suis en bas de l’échelle côté magnésium et fer, donc je me supplémente depuis peu. Ce n’est pas dangereux mais ça coûte rien d’essayer, et je vous en redirai un mot si ça change quelque chose : moins de maux de tête, moins de fatigue constante, plus de facilité à rester endormie.
J’ai aussi testé un bain flottaison chez Meizo à Paris. Je vous en parlerai en détail dans une prochaine newsletter mais c’était vraiment pas mal. Je me suis fait masser aussi, et j’ai un autre massage prévu cette semaine parce que j’ai encore des douleurs musculaires. L’objectif c’est de commencer ce CDI au mieux de ma forme, ou autant que faire se peut.
On est loin d’un équilibre stable en termes de santé physique, mentale et émotionnelle. Mais je mettais ça de côté depuis des années, donc forcément le retour de bâton est rude. Ça va prendre du temps. Je m’accroche.
Comète : 30 heures de corrections en un week-end
J’ai reçu les corrections édito de ma maison d’édition vendredi soir dernier, et j’ai passé tout le week-end dessus. À part mon passage au festival Brillance de l’association Tant que je serai noire le samedi, c’était corrections non-stop. J’ai compté : 30 heures. À un moment j’ai levé la tête en pensant qu’il était 21h, il était 1h du matin. C’est sûr que ça n’aide pas contre les insomnies. Mais j’avais besoin d’avancer vite pour ne pas me retrouver en retard avec tout ce qui arrive en même temps, et pour que mon éditrice et toute l’équipe restent dans les temps.
J’ai appris des choses sur ma manière d’écrire au passage. Je ferai un épisode dédié une fois les corrections vraiment terminées, mais voilà ce que j’ai noté à chaud.
Je ne suis apparemment pas quelqu’un de drôle 🤣. En tout cas je ne sais pas écrire des scènes désopilantes. Je m’en doutais un peu, et c’est plus une question d’humour qui ne passe pas à l’écrit si on n’a pas le référentiel. Ce n’est clairement pas le coeur du roman, Dieu merci. Mais c’était intéressant à constater.
L’autre chose : j’ai tendance à écrire des contradictions. À dire quelque chose et son contraire juste après, comme s’il y avait deux voix dans ma tête qui ont chacune besoin de s’exprimer. Ce n’est pas normal d’écrire comme ça, il y a quelque chose à travailler là-dedans. Ça fait d’ailleurs écho à quelque chose qui se passe aussi à l’oral : il m’arrive d’utiliser des mots qui ont un sens totalement opposé à ce que je veux dire, et je m’en rends compte au moment où le mot sort. J’avais fait une vidéo sur Instagram là-dessus. Mais sur le plan de l’écriture, je pense que le travail se fera plutôt lors des réécritures futures, pas pendant le premier jet. Au moins maintenant je sais.
Et la couverture : pour celles et ceux qui sont dans le canal VIP (vous pouvez le rejoindre depuis votre téléphone) vous savez déjà. Elle est tellement belle. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant, mais si vous avez vu les moodboards de Comète, on est dans les tons bleus et dans les flammes. Voilà, c’est tout ce que je peux vous dire.
La liste pour enfants prend forme
Ça va prendre du temps, c’est acté. Mais voilà où j’en suis.
Le travail de Sarah Ghelamest votre point de départ en attendant. Son essai donne des clés de lecture pour identifier les livres sûrs pour vous et pour vos enfants, et tout ce qui est valable pour vos enfants l’est aussi pour vous en termes de conscience de représentation. Toute la collection de la maison d’édition On ne compte pas pour du beurre est à lire, à étudier, à recommander. Sarah Ghelam a aussi une newsletter où elle continue de parler de livres qu’elle identifie, n’hésitez pas à vous y abonner.
De mon côté, je vais me concentrer sur l’auto-édition, justement parce que Sarah s’est focalisée sur l’édition traditionnelle jusqu’à 2023. Et l’auto-édition est doublement invisibilisée : déjà parce qu’elle est souvent perçue comme une sous-catégorie médiocre de l’édition, et parce que les personnes racisées qui y publient le font souvent parce que les maisons d’édition leur ferment la porte, quand le manuscrit est de qualité et que la ligne éditoriale est cohérente. Donc il faut aussi regarder de ce côté-là.
Pour le format : j’avais pensé à un PDF ou un e-book mais le problème c’est que vous n’auriez pas accès à ce qui sort après. Et pour moi l’idée n’est pas de vous donner une liste figée, c’est de vous permettre de rester conscients en continu de ce qui existe, parce que vos enfants vont grandir et leurs besoins vont évoluer. Donc ce que j’ai fait pour l’instant : j’ai regroupé les livres pour enfants que j’ai lus sur une page de mon site internet, avec aussi toutes mes lectures de cette année. Je n’ai pas encore tout mis, et il y a des choses que j’ai lues depuis que je suis sur cette terre et qui ne sont plus dans ma bibliothèque, donc je ne peux pas tout lister. Mais l’idée c’est que chaque mois je vous dise si la page a été mise à jour. Le lien est ici.
Le guide diversité
Je travaille dessus dans un coin de ma tête, c’est-à-dire que ça tourne en permanence, que je prends des notes, et que tout ce que je partage sur Instagram vient nourrir cette réflexion. Pareil pour la liste enfants.
Je ne sais pas encore sous quel format vous proposer ça. Beaucoup d’entre vous ont rempli le formulaire que j’avais mis en ligne pour recueillir vos besoins. Ce que je sais, c’est que je veux que ce soit quelque chose d’évolutif, pas figé dans le temps, parce que la représentation dans l’édition évolue ( et les dingueries qui vont avec) et ce n’est pas en prenant une formation à un instant T qu’on comprend toute la complexité du sujet.
J’ai trois interventions qui arrivent dans les semaines et mois prochains, et les préparer va m’aider à voir les choses plus clairement sur la manière dont je veux vous proposer ça. En attendant, le contenu est déjà là : sur Instagram, dans les newsletters précédentes, dans le podcast, et dans les bibliographies que j’ai partagées. Parce que pour moi ça passe d’abord par la lecture. Vouloir écrire des personnes racisées sans lire de livres écrits par des personnes racisées, ça n’a pas de sens.
Je l’appelle encore « guide diversité » pour l’instant mais ça ne sera pas ça. Vous m’avez comprise 😉.
Ce que j’ai lu ce mois-ci
Les chroniques détaillées sont sur mon compte Instagram dans les stories à la une, et sur mes profils Babelio et Goodreads.
Fantasy de Johan Kavege : une BD à double entrée qui m’a broyé le coeur. Les illustrations sont magnifiques, les corps, les couleurs, les traits, les variations, tout. Je l’ai relue trois fois juste pour prendre le temps de regarder les pages. Si un jour je travaille sur un roman graphique ou de la fantasy heroïque, je pense que je solliciterai cet illustrateur. La BD se lit de gauche à droite ou de droite à gauche, avec une héroïne différente selon l’entrée choisie. Elles se croisent à un moment. Je n’en dis pas plus.
If You Stayed de Brittany C. Cherry : il y a deux personnages racisés dans cette romance, mais on aurait presque pu les remplacer par deux personnes blanches sans que ça change grand-chose à l’histoire. Il n’y a pas vraiment d’impact du fait qu’elles soient racisées dans la narration ou dans la représentation. Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux de ce côté-là, et je suis plus sensible à ça depuis un moment. Cela dit, l’autrice est racisée, j’ai bien aimé la romance, le développement des personnages, le fait que ce ne soit pas focalisé que sur le sexe et que quand il y a des scènes intimes ça soit justifié et bien amené. La plume est claire et fluide sur des thématiques assez lourdes : violences conjugales, santé mentale, deuil. Pas de redondance dans les descriptions. Les décisions des personnages ont du sens même si on a parfois l’impression qu’ils se laissent un peu porter par l’intrigue.
J’ai aussi lu une dystopie, Fable to the End of the World, publié chez Slalom, qui n’est pas écrite par une personne racisée et ne contient pas vraiment de personnages racisés. Ce n’est clairement pas un exemple de représentation. Mais le roman est intéressant, notamment sur la manière d’écrire des personnages qu’on peut détester tout en les rendant attachants. Je garde ça en tête pour un autre de mes romans.
Voilà pour ce mois-ci. Si vous avez des sujets sur lesquels vous souhaiteriez que je revienne, dites-le moi. Profitez du début de l’été, hydratez-vous, et à très vite.
Mahuna,
PS : j’ai mis en place une abonnement payant pour la newsletter mais les articles sont toujours disponibles. L’abonnement vous permet surtout de me soutenir si l’envie vous dit !