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Description

Introduction

Ce huitième épisode se penche sur les effets thérapeutiques réels de la psychanalyse. Michel Onfray interroge la promesse de guérison associée à la cure freudienne : fonctionne-t-elle réellement ? À partir d’exemples tirés de la pratique de Freud lui-même, il démontre que les cas emblématiques sont loin de prouver l’efficacité du dispositif psychanalytique. La cure devient un labyrinthe où l’entrée est facile, mais la sortie incertaine, voire illusoire.

1. La promesse d’une guérison par la parole

La psychanalyse repose sur un postulat :

* « Dire, c’est guérir » : mettre au jour le refoulé permettrait de dissoudre le symptôme.

* Freud valorise l’aveu, la parole libre, l’association d’idées comme voie d’accès à la vérité enfouie.

Mais cette idée repose sur une foi dans le pouvoir magique du langage, sans preuve clinique solide.

2. Des cas emblématiques non concluants

Onfray revisite plusieurs cas célèbres :

* L’homme aux loups : Freud prétend le guérir, mais le patient continuera toute sa vie à consulter.

* Dora : interrompra brusquement sa cure sans amélioration réelle.

* L’homme aux rats : présente des troubles aggravés après sa prise en charge.

Ces exemples montrent que les cas cliniques servent surtout à valider la théorie, pas à soigner les patients.

3. La durée et l’indétermination des cures

La psychanalyse se distingue par :

* Son absence de durée définie,

* L’impossibilité de mesurer un progrès objectif,

* Le risque de dépendance au thérapeute.

Il n’existe pas de sortie claire du labyrinthe : chaque tentative de guérison peut être réinterprétée comme résistance ou transfert.

4. Le rôle central du transfert

La relation entre analysé et analyste est un pilier de la cure :

* Le patient projette sur le psychanalyste des affects refoulés (parents, figures d’autorité…).

* Cette dynamique devient un outil d’interprétation mais aussi de manipulation possible.

* Freud n’est pas exempt de ce jeu : il choisit ses patients, oriente les récits, trie les cas.

Le transfert devient un écran plus qu’un levier.

5. Absence de contrôle et de résultats mesurables

La psychanalyse échappe aux exigences de vérification :

* Pas d’essais contrôlés, de protocole reproductible, de résultats quantifiables.

* Les échecs sont imputés au patient, jamais à la méthode.

Elle s’apparente à une pratique herméneutique autoréférentielle, qui transforme l’échec en confirmation.

💡 Conclusion

Cet épisode dévoile les limites structurelles de la psychanalyse comme thérapie. Derrière l’image du divan salvateur se cache un système clos, où le succès n’est jamais démontré, et l’échec toujours retourné contre le patient. Freud a construit un labyrinthe théorique où il est facile d’entrer, mais dont il est presque impossible de sortir. La promesse de guérison repose sur une croyance plus que sur des preuves, et la parole ne suffit pas à guérir quand le corps et le réel restent exclus.

📚 Philosophes mentionnés

* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Médecin viennois, fondateur de la psychanalyse, théoricien de la cure par la parole.

Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



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