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Description

Introduction

Cette partie aborde le dispositif même de la psychanalyse, en mettant en lumière ses aspects non scientifiques et ses ressorts psychologiques, sociaux et financiers. Loin d’être un simple protocole thérapeutique, le divan devient un lieu où se joue une relation asymétrique, régie par un pouvoir symbolique et une économie implicite.

1. Le cadre scénique du divan

Le dispositif psychanalytique repose sur une mise en scène précise : l’analysant allongé sur un divan, le psychanalyste assis derrière lui, hors du champ visuel. Cette disposition induit un rapport de dépendance et favorise la projection. La parole est présentée comme outil de guérison, mais le cadre ritualisé relève davantage d’un cérémonial que d’une méthode expérimentale.

2. La parole comme outil et comme piège

Le postulat central de la psychanalyse est que dire suffit à guérir. Or, cette « toute-puissance de la parole » est un héritage de la pensée magique. L’analysant est encouragé à interpréter ses souvenirs selon les catégories psychanalytiques, ce qui conduit souvent à valider le système plutôt qu’à le questionner. La parole, libératrice en apparence, devient un outil de formatage.

3. Le transfert et la dépendance

Le transfert est présenté comme un mécanisme inévitable : l’analysant reporte sur l’analyste des sentiments liés à des figures parentales. Ce processus, interprété comme preuve du fonctionnement de l’inconscient, renforce la position d’autorité de l’analyste et crée une dépendance affective. Cette relation asymétrique peut prolonger indéfiniment la thérapie, au bénéfice du psychanalyste.

4. Une économie du divan

La psychanalyse est coûteuse et s’inscrit dans une logique économique particulière : paiement régulier, séances prolongées, absence de résultats mesurables. Le temps passé sur le divan se transforme en capital symbolique pour l’analysant et en revenu pour l’analyste. Cette dimension marchande, rarement évoquée, participe au maintien du système.

5. Absence de validation scientifique

Le dispositif freudien échappe à toute falsifiabilité : ses concepts sont interprétables à l’infini et ses succès comme ses échecs trouvent toujours une explication interne. L’absence de critères objectifs de guérison permet de prolonger les cures et d’éviter toute remise en cause. Ce fonctionnement s’apparente davantage à une croyance qu’à une démarche scientifique.

💡 Conclusion

Le divan freudien n’est pas seulement un outil thérapeutique, mais un dispositif symbolique et économique où s’exerce un pouvoir sur l’analysant. Entre rituel, dépendance affective et absence de validation scientifique, la psychanalyse fonctionne comme un système clos, auto-justifié et auto-entretenu, dont le principal moteur reste la parole ritualisée.

📚 Philosophes mentionnés

* Arthur Schopenhauer (1788 – 1860) — Philosophe allemand, représentant majeur du pessimisme philosophique, connu pour sa philosophie de la volonté.

* Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique de la morale chrétienne et de la métaphysique, influent sur l’existentialisme et la pensée contemporaine.

* Sigmund Freud (1856 – 1939) — Neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse, connu pour ses théories sur l’inconscient, le rêve et la sexualité infantile.

Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



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