J’ai failli louper mon vol. Une histoire de confusion de terminal, de grand ménage à faire avant de partir, d’un PowerPoint à terminer pour le travail, en plus de ma fâcheuse tendance à être en retard. D’habitude, me rendre compte que je risque de rater mon vol entraîne une panique totale à l’intérieur de moi : pensées frénétiques et anxieuses, cœur à mille à l’heure, système nerveux suractivé. Mais cette fois-ci, j’ai regardé la situation avec plus de distance. Dans la navette pour changer de terminal, j’ai pris le temps d’observer la réaction de mon corps et les pensées de panique qui prennent tout l’espace. Puis, j’ai décidé de lâcher prise, comme le ferait Singer dans The Surrender Experiment. Je vais faire de mon mieux, le reste, je ne le contrôle pas.
Cette situation mérite t-elle de semer le chaos à l’intérieur de moi ?La période des fêtes nous fait porter beaucoup sur les épaules : le poids de la solitude, ou celui de la tristesse, face à la perte de ceux qui ne fêteront plus Noël avec nous. Le poids de la pression qu’on se met pour apaiser les tensions autour de nous, pour faire plaisir à ceux que l’on aime.
C’est comme partir en voyage avec deux gros sacs accrochés à notre corps : la charge mentale dans le dos et la charge émotionnelle à l’avant, qui pèse sur notre cœur. On en a plein le dos et notre cœur est lourd.
1. Quand la voix dans notre tête fait trop de bruit
Je suis la reine du contrôle. J’ai longtemps cru pouvoir arracher à la vie tout ce dont je serais fière : décrocher une école prestigieuse, déménager à New York, revenir à Paris puis monter ma boîte. Et même arriver dans le classement Forbes 30 under 30, en faisant des pieds et des mains pour me faire connaître des membres du jury. Avec la croyance profonde que seule ma volonté pouvait me permettre d’influencer ma trajectoire. Mais croire que je peux tout contrôler m’a fait vivre dans ma tête, sous l’emprise de mon ego… très loin de mon corps. Je ne parvenais même pas à l’entendre me dire quand c’était trop, quand il n’était pas d’accord, quand mon cœur ne vibrait plus. La voix dans ma tête faisait trop de bruit.
2. La présence, pour cultiver notre paix intérieure
Quand c’est le chaos à l’extérieur, travailler notre présence nous permet de retrouver un apaisement à l’intérieur. Et travailler ma présence a tout bouleversé pour moi cette année. En valorisant la présence à mon corps, j’ai appris à aimer la solitude. À réussir à me poser sur mon canapé seule, avec plaisir. Parce que tout mon corps dit oui. Travailler ma présence apaise mon système nerveux, me donne envie de prendre soin de ma maison, de partir me promener au bord du canal à côté de chez moi. J’ai appris à apprécier davantage le silence que je fuyais, par peur du vide, du manque, par peur de ne pas prouver ma valeur si je ne suis pas productive.
3. La présence, pour entendre nos limites et les honorer
Être présente dans mon corps me permet aussi de sentir quand il me demande un temps de retraite du monde. Si une situation extérieure crée un chaos en moi, revenir à mon corps, avec une grande respiration, me permet de choisir comment je souhaite répondre. La présence crée une ligne de base contre laquelle nous pouvons évaluer si une situation mérite ou non de troubler notre paix intérieure. Et, si l’une de nos limites a été franchie, c’est choisir sciemment d’accueillir pleinement le passage de la colère ou de la tristesse dans notre maison, sans les laisser s’y installer.
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📚 Pour aller plus loin :
* Le chemin le moins fréquenté, Scott Peck
* The Surrender Experiment, Michael A. Singer
* 📸 : The Holiday, Nancy Meyers (film, 2006)