Il faut rester positif.
Il faut rester droit.
Il faut rester bienveillant.
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C’est ma définition de la droiture.
Dans la vraie vie.
Dans la vie entière.
Et, oui, dans le virtuel aussi.
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Sur Substack, ce que j’aime encore — presque à contre-courant — c’est l’écriture au-dessus de tout.
Des gens discrets.
Parfois invisibles.
Qui écrivent sans réclamer d’écho.
Qui déposent un monde, pas une posture.
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Ce qui me fatigue, en revanche, ce sont les poses.
Les poses d’auteur-lecteur.
Les poses de lecteur-auteur.
Les mises en scène de soi sous couvert de littérature.
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Le livre bien tenu.
La couverture bien orientée.
Le regard faussement distrait.
Le café à côté.
La lumière douce.
Le message implicite :
« Regardez comme je lis.
Regardez comme je suis quelqu’un qui lit. »
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Très bien.
Tu lis des livres.
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Mais, honnêtement, on s’en fout.
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Ce n’est pas une preuve.
Ce n’est pas un geste littéraire.
C’est une vitrine.
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Le carnet ouvert.
La main sur la page.
Le stylo prêt à écrire.
La photo pour dire « je suis en train d’écrire » — avant même qu’un mot existe.
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« Je suis auteur.
Je suis autrice.
Je suis lecteur. »
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Non.
Tu lis.
Ou tu écris.
Ou tu te montres.
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Ce n’est pas la même chose.
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On peut aimer les livres sans se photographier avec.
On peut aimer écrire sans fabriquer une image de soi en train d’écrire.
On peut aimer les mots sans en faire un décor.
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Comme l’a dit un jour un auteur sur Substack :
la reconnaissance virtuelle est devenue pathologique.
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Je le rejoins.
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Moi, j’aime les auteurs-lecteurs discrets.
Ceux qui n’ont pas besoin de prouver qu’ils lisent.
Ni de montrer qu’ils écrivent.
Parce que leurs textes suffisent.
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Je les lis.
Je like ce que j’aime.
Et je les garde comme compagnons virtuels — mais sincères.
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