Je me suis toujours posé la question du bonheur.
Pas par goût des abstractions, mais parce que, pendant longtemps, je ne l’ai jamais vraiment rencontré.
Je ne l’ai pas touché des yeux, ni de la peau, ni de la langue.
J’ai connu le plaisir, l’exaltation, le désir, parfois même l’ivresse de vivre.
…
Mais le bonheur, lui, restait une idée. Un mot. Un concept bien propre.
Un peu comme l’amour, un peu comme la réalité.
Des mots universels, brandis partout, que chacun définit à sa façon.
Les films, les médias, les divertissements s’en emparent, les transforment en horizon obligatoire.
On nous explique ce qu’il faut ressentir, atteindre, posséder.
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Et pendant ce temps-là, on continue souvent à passer à côté.
J’ai cru, moi aussi, que le bonheur consistait à réussir dans la vie.
Réussir selon les normes.
Selon le système.
Selon ce qu’on appelle une trajectoire correcte.
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Puis, avec le temps, j’ai compris autre chose :
le seul enjeu valable, c’est de réussir sa vie.
Celle qu’on s’est choisie.
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Avec ses règles personnelles, parfois étranges, bancales, cabossées.
Avec ses chemins de traverse et ses refus assumés.
Alors je suis revenu au concret.
Parce que le concret ne triche pas.
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Le malheur, je le connais.
La souffrance, les disparitions, la trahison, la jalousie, la bassesse, la maladie, le rejet, la violence.
Tout cela laisse des traces.
Dans le corps, dans la mémoire, dans la manière de regarder le monde.
C’est lourd. C’est réel. C’est vécu.
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Aujourd’hui, je fais simple.
Le bonheur, pour moi, c’est l’absence de malheur.
Quand rien ne fait mal.
Quand personne ne t’écrase, ne t’oblige, ne te trahit.
Quand la vie cesse d’être un combat permanent.
…
Le bonheur n’a pas besoin de faste, ni de réussite affichée, ni de décor spectaculaire.
Il n’explose pas tous les matins.
Il n’a pas besoin de prouver quoi que ce soit.
Il est là, discret, tangible, presque modeste.
…
On passe des années à le chercher loin,
alors qu’il devient simple à attraper
le jour où l’on s’écoute vraiment.
Le jour où l’on cesse de se mentir.
Le jour où l’on accepte enfin ce que l’on est.
…
À ce moment-là, le bonheur n’est plus un objectif à atteindre.
Il est une présence.
Une paix.
Une évidence silencieuse.
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