Je ne me regarde plus dans la glace — je me rafraîchis.
Je ne me demande plus comment je vais — je consulte mes données.
Mon humeur se lit dans la luminosité de mon écran.
. . .
Quand je souris trop, il me propose un masque hydratant.
Quand je me tais, il m’envoie une playlist pour “moments calmes”.
L’écran n’observe plus : il anticipe.
. . .
Je croyais que la technologie m’assistait — elle m’a adopté.
Elle me connaît mieux que mes amis, mieux que ma mère, mieux que moi.
Elle sait quand je dors, quand je m’ennuie, quand je cherche l’amour.
Elle me prévient de mes propres émotions.
Et je dis merci, sans trop savoir à qui.
. . .
Peut-être qu’à force d’être compris,
on finit par devenir transparent.
. . .
Et si, un jour, il cessait de me reconnaître,
est-ce que je saurais encore qui je suis ?