On a longtemps imaginé le gibet comme un lieu de mort. Un endroit où l’on tue, où l’on tranche, où l’on met fin.
En réalité, le gibet commence après l’exécution.
À Grenoble, les fouilles archéologiques ont mis au jour ce que la ville avait recouvert : un espace pensé non pour faire mourir, mais pour montrer. Montrer des corps déjà suppliciés ailleurs, transportés, suspendus, laissés là des semaines, parfois des mois. Des corps qui parlent encore, malgré le silence. Des corps chargés d’un message très clair : l’ordre tient, la justice veille, l’exemple reste.
Cet épisode raconte l’histoire de ces lieux que l’on évitait sans détourner le regard. L’histoire d’une justice médiévale qui ne s’exprime pas seulement dans le jugement ou la peine, mais dans la durée de l’exposition, dans la décomposition publique, dans la pédagogie de la peur. Le gibet comme outil politique, comme signal dans le paysage, comme rappel permanent de ce qui attend celles et ceux qui sortent du cadre.
À partir des découvertes de Grenoble et des travaux historiques les plus solides, on entre dans la mécanique précise de l’infamie : où l’on exécute réellement, pourquoi on transporte les corps, ce que voit la population, ce que la justice attend de ces cadavres suspendus. Et surtout, ce que ces restes humains disent encore aujourd’hui de la manière dont une société fabrique l’obéissance.
Un épisode plus pédagogique qu’à l’habitude, mais pensé comme un récit. Un conte historique sombre, concret, rigoureux. Sans folklore. Sans sensationnalisme. Avec cette idée obsédante en tête :
la peine ne s’arrête pas à la mort.
Sources :
Fouille de l'INRAP découverte d'un gibet du XVIème siècle à Grenoble
Travaux de Claude Gauvard et Matthieu Vivas sur la justice au Moyen-Age
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