Depuis une quinzaine d’années, les publications se multiplient pour faire connaître le matrimoine musical. C’est comme ça que des noms tels que Elisabeth Jacquet de la Guerre, Armande de Polignac, Emilie Mayer, Lise Christiani ont fait l’objet d’enregistrements, de livres : autant de manières de faire circuler leur travail et de faire connaître leur nom. Mais au moment de chercher de l’iconographie pour ces publications, les éditeurs et éditrices ont souvent un peu de mal à en trouver et, quand ils en trouvent, les images reflètent souvent plus les stéréotypes de genre de l’époque que la personnalité des musiciennes en question. Dans Musiciennes. Enquête sur les femmes et la musique, Hyacinthe Ravet écrit qu’« une différence de valeur persiste au regard de la création artistique entre ce qui est connoté comme féminin ou masculin, voire ce qui est produit par une femme ou par un homme[1]. » C’est dire si la visibilité des compositrices ne saurait se promouvoir en quantité sans s’inquiéter de la manière dont elle est véhiculée. Et puisqu’il est bien entendu que la différence de genre entre un et une symphoniste ne s’entend pas à l’oreille, il peut être symptomatique que les enjeux propres de l’audibilisation ne peuvent venir à bout des biais de la visibilisation. Reste à préciser symptomatique de quoi. Pour ce faire, nous recevons Sarah Hassid et Amandine Lebarbier qui ont coordonné pour le 59è numéro de la revue Sociétés & représentations un dossier intitulé Figures de musiciennes. Mises en scènes, en images et en récits (xixe-xxie siècle).
Une émission voulue et cousue par David Christoffel.
[1] Hyacinthe Ravet, Musiciennes. Enquête sur les femmes et la musique, Paris, Autrement, coll. « Mutations/sexe en tous genres », 2011, p. 251.
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