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Comment explorer sa foi?
Existe-t-il une méthode officielle pour se rapprocher de Dieu? Par où débuter ce cheminement de foi? Est-ce permis de remettre en doute certains enseignements?
Dans cet épisode, Joan et Stéphane présentent des manières toutes simples pour explorer et nourrir ce qui nous habite déjà et l'importance des questions qui nous amènent plus loin.

 

"Elle parvient enfin à entrer dans le libéralisme religieux": https://www.reformes.ch/deformes/portrait/2022/10/elle-parvient-enfin-entrer-dans-le-liberalisme-religieux-enfance

"Spiritualité for extroverts", Nancy Reeves. Abington Press.2008. 

Mary Huser: https://www.facebook.com/emily.huser.7 

 

Site internet: https://questiondecroire.podbean.com/

ApplePodcast: https://podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250/

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Contactez-nous: questiondecroire@gmail.com

 

Notre commanditaire: L'Église Unie du Canada, Mon Credo

 

* Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. 

* Photo de Michael Shannon, unsplash.com. Utilisée avec permission. 

 

Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui aborde la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, comment explorer sa foi?

Bonjour, Stéphane, bonjour à nos auditrices et auditeurs.

Bonjour Joan, bonjour tout le monde qui est là à nous écouter encore une fois.

 


Une satire sur la foi progressiste libérale

Alors, comment explorer sa foi? Moi, j'aimerais faire un petit clin d'œil à Marie Sénèque, pasteure réformée dans les Églises vaudoises.

Elle a écrit un livre qui s'appelle « L'insolence de la parole », qui est un livre tout fin, dans lequel elle décrit sa sortie d'un système chrétien de valeurs très enfermantes, avec des rôles assignés, tu vois, selon le genre, etc.

Et puis, en prenant connaissance de ce livre avec l'équipe de Déformés, donc on a un site, déformés.ch, en prenant connaissance de ce livre, on a décidé de commettre un petit article satirique qui va à l'inverse.

C'est une personne qui est élevée dans une foi progressiste libérale, mais qui se sent toujours enfermée dans cette question de remettre tout justement en question, etc.

Est-ce que Jésus a fait des miracles ou pas?  Et puis enfin, elle s'épanouit dans une foi plus évangélique, où on lui donne un peu du prêt-à-penser, où enfin elle peut, en quelque sorte, arrêter de réfléchir tout le temps.

Voilà, c'est un article satirique assez terrible. Mais Marie l'a lu avant qu'on ne le publie, et elle l'a trouvé excellent, dans le sens où c'est vrai que finalement, ce qui compte, c'est de réussir à trouver son chemin.

Ce qui nous porte, c'est d'avoir pu en fait aussi s'approprier les choses, avec qui on est, où on en est.

Et puis, c'est vrai qu'à l'heure actuelle, il y a cette grande tendance de la déconstruction. Le chrétien déconstruit.

Puis alors toi qui es un homme, qui t'identifies comme un homme et tout, cisgenre, alors j'espère aussi que tu es un homme déconstruit pour la féministe que je suis.

 


Le mouvement de déconstruction de la foi

C'est vrai que j'entends beaucoup sur mes réseaux sociaux ce mouvement de déconstruction de la foi et je crois qu'à quelque part, ça reflète une certaine perception aussi de la religion que l’on nous dit quoi penser, comment penser.

Et c'est sûrement intimidant pour plusieurs personnes qui sont, je dirais, à l'extérieur de l'Église, qui auraient peut-être le goût d'explorer leur foi un peu plus, leur spiritualité, cheminer un peu plus dans cette direction. Mais ces personnes ne veulent pas se faire dire quoi penser, comment agir.

Et souvent, le seul contact qu'ils ont avec les Églises, c'est ces mouvements plus contrôlants, plus absolus, plus affirmés, où des gens qui parlent que « Ah, j'ai déconstruit ma foi et maintenant je suis libéré », à se demander, mais où sont, entre guillemets, les gens ordinaires qui croient en Dieu, tout simplement.

Je pense qu'en tant qu'Église, on ne fait pas un bon travail pour se vendre. Je pense qu'il n'y a aucun problème à vendre ce qu'on fait de bien et de présenter une image positive aux gens, de dire oui, vous pouvez venir ici, on peut penser, c'est permis de remettre en question, c'est permis de cheminer.

Vous n'êtes pas obligé d'avoir toutes les réponses dès le début. Vous n'êtes pas obligé de signer une espèce de confession de foi. Vous pouvez venir et grandir, et on peut grandir ensemble.

 


Une foi qui amène à penser par soi-même

Et c'est vrai que grandir ensemble, ça implique de poser des questions. J'ai beaucoup de plaisir, et j'en ai déjà témoigné ici, à déployer la méthode Godly Play avec les enfants, parce que c'est une méthode finalement à la fois toute simple.

Ma tante qui est une pédagogue nord-américaine m'a dit c'est une méthode un peu no-brain, dans le sens où ça tombe sous le sens.

L'idée c'est de présenter des histoires aux enfants et puis après de faire Ie wonder, je me demande. Oser poser la question, je me demande si Jésus avait chaud dans le désert. Alors, bien sûr. On peut dire, ah oui, il avait chaud, enfin.

Puis en même temps, du coup, ça amène les enfants à parler de s'ils ont chaud ou pas, comment ils se sentent, qu'est-ce que ça veut dire être seul dans le désert.

Mais ça, ils le font eux, ce n’est pas nous qui le faisons à leur place. Et c'est toujours un peu ça la question.

Est-ce que lorsque les gens viennent à l'Église, à tout moment, pour toutes circonstances, on doit leur donner du prêt-à-penser? Ou est-ce qu'on peut laisser assez d'espace dans lequel les gens puissent poser des questions et poser leurs doutes aussi?

Parce que si on veut explorer sa foi, il faut explorer son doute.

 


On ne peut pas apprendre la foi

J'adore la façon dont tu parles de ton approche avec les jeunes. Moi, qui n'ai pas travaillé beaucoup avec la jeunesse. J'ai toujours eu des réserves sur les cours de confirmation pour les adolescents, tant que je les ai vus, parce que c'était une approche, on va vous apprendre la foi.

Même, j'ai vu ça chez des adultes, des personnes qui changent d'Église. Les cours d'initiation à la foi, ce n’est pas des cours d'initiation à la foi, ce sont des cours d'initiation à la religion, aux rites, au dogme.

On ne part pas du principe qu'une personne a déjà une foi. Il y a une spiritualité là. On peut, un peu comme une plante, l'arroser, mettre un peu d'engrais pour qu'elle pousse un peu plus.

Mais on ne peut pas dire que je vais t'enseigner la bonne façon de croire. Moi, je n'y crois pas en tout cas. Je ne pense pas que c'est une bonne approche. On part avec ce que tu es, qui tu es, et on va cheminer ensemble, on va grandir ensemble.

Moi, de cette relation-là, j'espère que je vais grandir. Toi, j'espère que tu vas grandir, que nous allons grandir en tant que groupe. Oui, c'est peut-être un peu plus déstabilisant pour certaines personnes parce que lorsqu'on laisse place au processus. On ne sait pas nécessairement où on s'en va. Mais moi, c'est ce que je trouve stimulant.

On va peut-être découvrir une autre façon de vivre sa foi. On va peut-être découvrir quelque chose sur moi, sur toi.

 


Établir une saine distance pour bien comprendre

Il y a une place à la surprise, à l'émerveillement. Moi, je trouve ça très stimulant. Au lieu d'essayer de contrôler la foi, la spiritualité, essayer de contrôler Dieu. On disait, on laisse tous la place où l'esprit va nous amener. Et d'ailleurs, c'est ce qui m'a beaucoup renouvelée ces dernières années.

Finalement, ce sont toutes ces théologies qui parlent de lieux dans lesquels je ne me situe pas ou bien dans lesquels on ne se situe pas, d'ailleurs.

Donc, les théologies queer, les théologies féministes, et un certain nombre de théologies aussi qui partent des questions de colonisation, même si c'est toujours un peu délicat, parce qu'on a chacun et chacune nos histoires.

Moi, je viens d'une famille qu'on appellerait maintenant une famille de la colonisation, puisque c’étaient des Espagnols qui mourraient de faim en Espagne, à qui on a donné des lopins de terre en Algérie.

Donc, des fois, je lis des choses très, très dures. Et je trouve ça pas juste envers mes ancêtres parce qu'il n'y a pas de nuance dans tout ça.

Mais néanmoins, ce n'est pas parce que parfois ça manque de nuance que moi, ça m'empêche de mettre de la nuance là-dedans.

Et c'est un peu là où j'admire des gens qui rejoignent des Églises dans lesquelles ils ne se sentent pas complètement raccord. Et ça, j'en connais pas mal.

Ce sont souvent des gens qui sont capables de mettre un peu de distance et un peu de nuance et de se dire, je prends ce qui me parle, et ce qui ne me parle pas, je me dis que ça va peut-être parler à d'autres.

Et c'est ça un petit peu ma boussole parfois aussi, c'est de me dire...

Parfois je vais dire des choses pendant un culte, pendant une conférence, qui ne sont pas complètement là où moi je me retrouve, mais ma boussole c'est de me dire qu’il faut que je varie un maximum aussi mes langages et puis mon approche des choses, parce qu'il y aura d'autres gens dans l'assemblée que moi quoi.

Je donne un exemple tout bête. Si j'utilise que du langage que comprennent les personnes queers ou inclusives, si j'utilise que du langage féministe, si j'utilise que du langage super déconstruit, je sais qu'il y a des gens qui vont passer à côté de ce moment-là. Donc il s'agit pour moi de saupoudrer un peu de tout avec tout, en fait.

Essayer à chaque fois de prendre en compte les différentes sensibilités. En église, à moins de vouloir faire que des espèces de clubs fermés pour que chacun reste dans sa propre sauce, c'est assez important d'essayer d'apporter partout de la diversité et de la nuance, mais c'est très difficile.

 


Une foi pour les personnes extroverties

Je t'écoute et ça me fait penser à quelque chose de très personnel. Moi, je suis une personne extrovertie. Trigger warning.

Et j'ai toujours eu de la difficulté à trouver ma place dans l'univers religieux qui m'entourait parce qu'on valorisait le silence, la méditation. On me disait, il faut faire des retraites dans des monastères en silence. Moi, je disais, mais ça ne m'intéresse pas. Ah, ah, ah, tu dois avoir un problème là quelque part. Il y a quelque chose.

Et c’étaient toujours ces choses-là, même pendant mon parcours pour devenir pasteur, on m'envoyait vers tenir un journal, on m'envoyait sur adorer de l'art, des choses comme ça.

Et pendant longtemps, je me suis dit, mais il doit y avoir quelque chose qui cloche, là. Je veux dire, ce n’est pas ça.

Puis, je me suis demandé, est-ce que je suis vraiment la bonne place? Est-ce que j'ai vraiment un appel? Est-ce que j'ai vraiment la foi?

J'aime parler en public, donc je me suis trouvé un métier qui va me permettre de parler en public.

J'avais beaucoup de questions de ce côté-là, jusqu'à tant que je lise un livre. Un livre tout simple, mais qui a vraiment changé. « Spirituality for extroverts » à « Spiritualité pour les extrovertis » qui m'a libéré, qui m'a dit, c'est correct, tu peux être comme ça.

Puis ta spiritualité n'est pas meilleure, n'est pas inférieure, elle est juste ce qu'elle est. Et ça m'a ouvert aussi les yeux à dire ce qui fonctionne pour moi, fonctionne pour moi, mais pas nécessairement pour la personne devant moi et vice versa.

Ça ne veut pas dire que je dois nécessairement transformer qui je suis et d'être conscient de cette différence-là, d'être conscient de la différence que je représente pour l'autre et d'essayer de m'adapter, de me dire que c'est peut-être à moi de faire le pas supplémentaire pour essayer de rejoindre la personne et de comprendre pourquoi la personne ne me comprend pas.

De mettre tout ça en perspective que l'humanité est diversifiée, c'est la même chose au niveau de la foi, c'est la même chose au niveau de la spiritualité.

On a tous et toutes une manière différente de vivre cette relation-là avec le divin. Et il n'y en a pas une de meilleure que l'autre, c'est de savoir laquelle fonctionne pour moi et d'apprécier que quelque chose fonctionne bien pour quelqu'un d'autre.

 


Plusieurs manières de vivre sa foi

Ça me fait vraiment marrer que tu dis ça, parce que moi aussi, je suis extravertie. En vieillissant, je le deviens un peu moins, simplement parce que j'en ai un peu marre de devoir expliquer aux gens des trucs. Je me dis « je suis un peu trop vieille pour ces conneries ». Mais dans le fond, j'ai toujours été assez extravertie.

C'est mon mari qui aime beaucoup tout ce qui est mysticisme, tout ce qui est temps, silence, en prière.

Donc on a commencé à aller à Taïzé pour nos fiançailles, puis après on est allé en famille, puis après on a amené des groupes, enfin bref, ça fait plus de 20 ans qu'on va à Taïzé ensemble.

Et moi, au début, j'ai un carnet dans lequel je note des tas de trucs à faire, tu sais, du style, penser à aller au pressing, enfin, des trucs comme ça. Mais je prends un air assez spirituel pour que les gens croient que j'écris des trucs un peu religieux. Et puis, au bout de trois, quatre jours, j'en peux plus.

Donc, je sors un bouquin. Eh bien, des fois, mon mari, ça le perturbe. Il dit, mais ce n'est pas le moment de lire. Je dis, mais qu'est-ce que je fais? Je m'ennuie comme un rat mort, quoi.

Mais voilà c'est rigolo parce qu'on n'a pas du tout les mêmes besoins.

Mais il paraît qu'il faut que je montre l'exemple aux jeunes. Alors moi, je me dis, c'est bizarre parce que moi, ce que je veux montrer aux jeunes, c'est qu'il y a la possibilité et de s'ennuyer un petit peu et d'écrire dans un carnet des trucs qu'on veut faire en rentrant à la maison et de lire et de prier.

Enfin, je ne comprends pas très bien pourquoi il n'y aurait qu'une option pendant le temps de silence à Taïzé. Bon, que les frères de Taïzé, ils restent comme ça, calmes et tranquilles. C'est leur vocation, mais moi, non. Premier truc qui me fait rigoler.

Deuxième truc, c'est l'histoire des arts. Je ne comprends jamais pourquoi en Église, il faut qu'on fasse des tas de trucs artistiques.

Alors moi, c'est vraiment l'enfer sur terre. Quand on dit oui, alors maintenant chacun va faire son jardin de Pâques pour exprimer la résurrection en lui.  Alors, je suis là, quoi? Qu'est-ce qu'il faut faire? Je vais plutôt aller laver les tasses à la cuisine.

Tu sais, moi, je me cherche autre chose à faire. Mais cela dit, je suis quand même contente de savoir faire deux, trois trucs. Puis en fait, ça fait plaisir à plein de monde, donc c'est parfait.

Et le troisième truc, c'est que tout peut devenir un dogmatisme, en fait.

Le fait qu'il faille absolument faire semblant d'être en train de méditer à l'Église de Taïzé quand c'est le silence, c'est du dogmatisme. Le fait qu'il faut faire semblant qu'on adore faire un jardin de Pâques, c'est du dogmatisme. Le fait qu'il faille absolument tout faire en écriture inclusive, féministe et tout, c'est aussi du dogmatisme.

En fait, à partir du moment où tu pars du principe qu'il faut uniformiser une pratique et que c'est celle-là qui est bonne pour la vie de foi, tu rentres dans le dogmatisme.

 


Oser être soi-même dans ses pratiques spirituelles

C'est vrai qu'il y a plusieurs façons de vivre sa foi, de sa spiritualité, et peut-être la meilleure façon, c'est de l'adapter à sa réalité.

Un autre exemple, il y a très longtemps, j'appartenais à un groupe de décision d'Église, et une des personnes disait « bon, j'ai la liste de tous les membres du groupe, et chaque jour, je prie pour cette personne pendant X nombres de minutes. Moi, je me dis, j'aimerais faire ça, mais prier, je ne savais pas trop.

Alors, j'ai décidé, qu'est-ce que je fais? Je marche beaucoup. Ce que je vais faire, c'est que lorsque je vais marcher aujourd'hui, je vais penser à cette personne et j'envoyais un courriel à la personne.

Je disais, aujourd'hui, quand je vais marcher, je vais marcher avec toi. Je vais penser à toi. Toi, tu n'as rien à faire, mais sache que tu vas être avec moi, tu vas marcher avec moi quand je vais aller au gym.

Et les réponses que j'ai reçues étaient parfois très touchantes. Des fois, c'était ah, j'ai eu telle mauvaise nouvelle et savoir que j'étais avec toi aujourd'hui, ça me donnait un peu d'espoir, ça me donnait un peu d'énergie.

Et c'est ça que des fois je propose aux gens, qu'est-ce que tu fais, qu'est-ce que vous faites et comment vous pouvez injecter un peu de spiritualité là-dedans, d'un peu de sens là-dedans.

N'essayez pas d'être quelqu'un que vous n'êtes pas, soyez qui vous êtes et mettez-en peut-être un peu plus ou soyez un peu plus intentionnés, ou être un peu plus dans le moment, ou être un peu plus présent dans ce qui se passe autour de vous, et ça peut être tout aussi bon.

 


Le danger de suivre aveuglément des listes

Oui, parce qu'en fait, étant donné qu'il y a des passages dans la Bible où il y a des listes de choses à faire, à ne pas faire, ce qu'on appelle les listes de sainteté, etc.,

C'est vrai qu'il y a parfois des personnes qui sont un peu nouvelles à la fois ou qui sont justement dans ces entreprises dites de déconstruction, qui reproduisent un peu ce schéma ou qui voudraient avoir des listes.

Est-ce que c'est permis de faire ceci? Est-ce que ce n'est pas permis de faire cela? Quand on est chrétien ou chrétienne, qu'est-ce qu'on fait? Qu'est-ce qu'on ne fait pas?

C'est un peu délicat cette histoire parce que quand on regarde vers la compréhension qu'a la majorité des gens de l'islam, il y a les cinq piliers, il y a des trucs super clairs à faire.

Du côté du judaïsme, c'est un peu pareil, avec leurs mitzvot qui sont par centaines.

Nous, en christianisme, il y a un peu la règle d'or. Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse. Et puis, aime Dieu, aime ton prochain comme toi-même. On pourrait s'arrêter là, presque. Et on se dit, c'est déjà beaucoup pour toute une vie.

Mais il n'y a pas beaucoup de sous-textes en fait. Il y a de grands chapitres, il n'y a pas de chapitres, il n'y a pas de sous-chapitres et ça, c'est à chacun de l'écrire un peu.

Et c'est ce qui donne aussi la disparité, le fait que toutes les Églises passent leur temps à se séparer pour trouver un meilleur système ou avoir plus de pouvoir, comme on veut.

Et puis c'est ce qui amène aussi au fait que, comme les catholiques le reprochaient à Luther, chaque protestant est un pape Bible à la main.

Et c'est évident qu'à partir du moment où tu vas avoir des followers, généralement, c'est que tu es mal embarqué. Tu ne vas pas dans le bon sens.

Donc, qu'est-ce qu'on fait? On encourage chacun à être un pape Bible à la main? Ouais, finalement, ça reste la moins mauvaise option.

On peut témoigner de là comment moi je fais, comment moi je vis. Et puis, moi, j'aime beaucoup rappeler aussi que ce sont des choix personnels. Par exemple, si je suis invitée à un drink après un enterrement ou pour un truc d'Église, moi, je ne bois pas d'alcool.

En Europe, on boit vraiment souvent de l'alcool dans des événements d'Église, en milieu luthéro-réformé. Les luthériens, ils boivent beaucoup de bière, notamment. Ils aiment beaucoup faire ça.

Et moi je viens de régions qui sont viticoles, surtout le fameux vin blanc, le Gewürztraminer, le Silvaner.

Du côté de Suisse romandienne, le Mahler, et puis après il y a tous les vins aussi qui sont en Suisse alémanique.

Et donc moi je dis toujours non. Et alors les gens me regardent et je vois bien qu'ils disent « Ah, c'est parce qu'elle est ministre du culte » et je leur dis « ce n’est pas du tout religieux ». C'est parce que ça me rend malade, j'ai un foie qui n'accepte pas bien ça. Ah bon?

Et ils sont toujours un petit peu étonné parce que si c'était religieux, semblerait-il que ça me donnerait un petit peu de prestige. Mais non. Non, non, non.

On ne vit pas sous un régime d'interdiction ou d'autorisation.

J'ai une amie qui est dans un foyer islamo-chrétien. Et en fait, elle a dit à son mari, c'est hors de question que nos enfants ne mangent pas de porc.

Alors j'étais surpris, je lui ai dit pourquoi, elle est fille de pasteur. Elle m'a dit parce que je ne veux pas que mes enfants aient une identité religieuse qui passe par une interdiction. Une identité religieuse, elle passe par une autorisation ou une libération.

Je trouve que c'est magnifique de se dire que tout ce qui passe par l'interdiction, et pourtant moi je fais carême tous les ans, mais je ne m'interdis pas des choses.

Ce n'est pas comme ça que je vis mon carême. Et d'ailleurs, on en parlera bientôt dans un prochain podcast.

 


Le bon dogme ou la bonne action?

Souvent, mon épouse me dit « tu n'es pas orthodoxe, tu es orthopraxe ». L'orthopraxie, la bonne action.

Je me suis rendu compte que ça fait partie des valeurs que j'ai reçues de ma famille, de ma jeunesse : ne pas nécessairement être juste, mais faire la bonne action.

Je reviens souvent à ce passage de l'Évangile selon Matthieu dont j'aimerais être capable de citer le chapitre verset comme certains de nos frères et sœurs d'une autre Église, mais qui dit essentiellement si tu présentes une offrande à l'hôtel, tu es en dispute avec ton frère, laisse ton offrande-là, va te réconcilier avec ton frère ou ta sœur et reviens.

Et moi, ce que j'en tire, c'est oui, c'est beau aller à l'église, faire toutes les choses selon une liste prédéterminée, oui, oui, oui, oui.

Mais comment on se comporte avec les autres? Comment on se comporte en société? Qu'est-ce qu'on veut construire en société? Qu'est-ce qu'on veut construire dans sa famille?

Pour moi, c'est drôlement plus important. Et c'est la bonne action. Ce n'est pas dire « Ah, Jésus a dit ouvrez les guillemets, blablabla, fermez les guillemets.

Jésus qui parle de générosité, Jésus qui parle de pardon, Jésus qui parle d'être là pour son prochain.

Ça, ça me parle dans le plus profond de moi-même et c'est ça que j'ai le goût de vivre.

À la limite, Il n'y a plus d'églises demain matin, en tant qu'institution. Je crois que ce serait encore un moteur très profond chez moi. Comment je peux aider une autre personne? Comment je peux être présent pour quelqu'un qui souffre?

Ce serait encore quelque chose de très important et ce serait pour moi une façon de vivre ma foi. Je considère que ce n'est pas pour tout le monde, mais pour moi, ça part beaucoup.

 


Vivre sa foi grâce à la louange

Tu vois, moi, j'adore la louange. C'est vraiment marrant parce que l'autre jour, j'avais tellement besoin de louange et je dis à mon mari, « Oh, j'ai loupé la soirée de louange. »

Il me dit, « Ce soir, il y a Atelier Gospel. » Je lui dis, « Oui, mais moi, ce soir, j'ai une visio hyper importante. » Et puis, dix minutes avant la visio, elle a été ajournée. Et là, j'ai couru à l'Atelier Gospel et je me suis dit, « C'est Dieu qui m'a permis de faire de la louange ce soir. »

Tu vois, c'est comme je suis un petit peu niaise dans ma foi. Et pourtant, ça m'a fait du bien, ça m'a permis d'être avec les autres. J'ai senti le souffle me traverser, puis voilà, j'avais besoin de ça. Je voulais terminer un peu aussi pour répondre un petit peu plus concrètement aussi à cette question que tu as reçue.

Et merci d'ailleurs de nous envoyer des questions. Ce qui m'aide beaucoup ces dernières années, c'est des groupes WhatsApp thématiques, alors. Groupes WhatsApp de l'Avent, groupes WhatsApp pour Carême.

Mais il peut y avoir d'autres types de groupes WhatsApp. Il y en a de plus en plus, et puis je pense qu'il faut trouver celui qui convient.

Et puis, comme tu l'as dit, Stéphane, on est un peu pareil, toi et moi, les carnets de foi, les carnets de témoignages, bon, je n’arrive jamais à les terminer, moi. Mais je crois qu'il y a des gens à qui ça fait beaucoup de bien et il y a un truc qui s'appelle bullet journal que les gens adorent.

À ce sujet, j'aimerais faire un petit coup de pub. Vous pouvez la suivre sur Facebook pour Émily Husser. Émily avec un Y à la fin, Husser, H-U-S-S-E-R, qui est une collègue ici qui est en Lorraine, en France donc, qui est luthérienne et qui sait faire du Bible journaling.

Donc, je ne sais pas comment on traduit en français. C'est comme faire un journal de la Bible et qui explique des fois des trucs sur son Facebook, qui fait des stages. Il faut venir en Lorraine.

Mais c'est hyper sympa et je crois qu'il y a des gens avec qui ça fait du bien.

Moi, colorier dans une Bible, c'est l'enfer sur terre. Je ne me vois pas du tout faire ça, mais je trouve que ça a l'air hyper cool et qu'il y a plein de gens avec qui ça fait du bien.

Et puis on peut s'abonner aussi à une pléthore de podcasts, il y en a plein d'autres, à des lettres de nouvelles.

Mais là, j'aimerais vous mettre un petit warning, c'est qu'il y a souvent une demande de subvention derrière, une demande d'argent. C'est un petit peu mon côté théologienne pratique, petits tips pour avancer sur ce chemin de foi.

 


Conclusion

Merci pour la question, merci, Stéphane, pour la discussion. Merci Johan. On va essayer de mettre tous les liens des personnes et des livres et des sites dans les commentaires. Je veux remercier naturellement l'Église Unie du Canada, notre commanditaire. Si vous avez des questions, des commentaires, si vous voulez nous demander des choses, nous suggérer des sujets : questiondecroire@gmail.com.