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Description

Pour cette chronique, vous goûterez la formule deux-en-un : deux thématiques trop courtes pour faire chacune l’objet d’un épisode.

Mon nom est Joffrey Lebourg, enseignant, journaliste, podcasteur (j’ai également enregistré une série sur les mythologies du monde, Le Cercle des Dieux Disparus) et romancier aux seize ouvrages en quatre sagas. Je vous invite à découvrir mes univers sur les sites www.les-sept-reliques.fr (pour tous les amateurs de quête épique à la recherche d’un renouveau du genre) ou www.chroniquesdunouveaumonde.fr (si votre fibre vous entraîne davantage vers une odyssée culturelle autour de la Terre, à la rencontre de ses peuples oubliés).

Nous avons déjà évoqué bien des créatures britanniques, mais il en reste à découvrir ! Par exemple, le dobhar-chú, qui tient autant du chien que de la loutre, de la taille d’un crocodile. Il possède une peau noire et visqueuse, sans poils, de puissants crocs et de longues griffes : il happe les promeneurs depuis les étangs où il se tapit. Son cousin l’onchú, plus petit, a l’allure d’un chien sauvage et compense son manque de force par un redoutable poison.

Dans la même veine, le làbh-allan résidant dans les rivières des Highlands s’apparente à un gros rat répugnant, à la morsure très toxique. Cependant, en faisant tremper sa peau dans de l’eau, le breuvage peut alors purger tous les venins.

Et ce n’est pas du luxe ! Passons à l’inoubliable llamhigyn-y-Dwr, nom très gallois, grenouille sans pattes de trois mètres qui vit dans les mares profondes. Elle bondit, plane avec ses ailes de chiroptère et pique avec le dard au bout de sa queue de raie. Elle aime tant le poisson qu’il lui arrive de gober les pêcheurs en même temps que leurs prises…

Les lacs sont très mal fréquentés, en Grande-Bretagne, comme en témoigne l’addanc. Une sorte de castor géant et malfaisant au corps allongé et aplati, évoquant vaguement un alligator, avec des crocs énormes et des pattes palmées, capable de projeter des dards vénéneux.

Localement, le ver de Lambton offre une excellente quête aux chevaliers audacieux. Cet affreux annélide grandit d’un mètre chaque année. Ses neuf paires de branchies libèrent un fluide puant et, même sans cela, son corps sécrète un mucus qui tue la végétation autour de lui. De plus, le souffle jaillit de sa bouche ornée de centaines de dents disposées en cercles concentriques est très toxique – vous l’aviez deviné, n’est-ce pas ?

En transition, souvenons du barghest et du cù-Sí, les chiens infernaux d’Angleterre. Le reste du monde a aussi son bestiaire canin. Je pense surtout au chupacabra, littéralement “suceur de chèvre” des plaines du Mexique. En effet, ce dogue galeux aux ailes de chauve-souris possède sur la mâchoire inférieure une longue dent conique, avec laquelle il perce la gorge du bétail pour en boire le sang ! À ne pas confondre avec le cadejo de la fois dernière !

Le plus célèbre chien de Grèce a une sale tête... non : il en a même trois ! Et cet être unique qu’est Cerbère, gardien de l’une des portes vers l’au-delà, a donné toute une race de créatures de moindre acabit dans la fantasy moderne – comme Pégase et le Minotaure, dont nous avons déjà parlé. Et je ne suis pas le dernier à employer des minotaures ou des pégases, notamment dans Les Sept Reliques.

C’est la même mécanique avec le loup scandinave Fenrir et ses hypothétiques descendants, les fenris. Ou avec d’autres animaux : le serpent marin Léviathan, l’aigle Ziz à pieds de lion et le Béhémoth gros comme une colline, mélangeant hippopotame et rhinocéros ou éléphant, qui viennent du mythe juif ; ou l’atroce Cipactli d’Amérique centrale : un alligator avec des pattes de crapaud, une queue de poisson et surtout des bouches secondaires aux épaules, aux hanches et aux genoux… Tous des êtres uniques et gigantesques, convertis aujourd’hui en une espèce à part entière pour les besoins des auteurs.

Intro : All the works of Nature which adorn the World – Vista, Nightwish


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