Pour rejoindre l’atelier, quittez la Loire au plus tôt, cap à l’Est, direction la Grande Sologne en un lieu naguère marécageux et couvert de bois, Marcilly-en-Gault. Prendre la rue où jadis le tramway circulait, l’atelier s’est blotti à l’étage d’une maison à colombage. Un entrecroisement de bois passant de l’horizontal à verticale donne le ton d’un art directionnel. Depuis le bureau d’une vaste pièce, le visiteur entrevoit à travers les poutres dressées à l’aplomb, le plan de travail où le peintre Philippe MOLLER façonne. Il n’y a pas de porte, l’atelier reste ouvert. Le regard est d’emblée attiré par l’arrière-plan où une filmothèque colossale remplace la brique. Vestige d’un temps passé où la transmission, dédié au septième art, occupait une place centrale dans la vie de notre hôte.
Dirigé vers la lumière, un tableau en chantier se pavane sur un chevalet. La matière cherche à s’extraire de la platitude de la toile pour s’élever. Des monticules colorés attendent sur la palette que les pinceaux du maître veuillent bien, sur les reliefs, se déployer. L’écriture picturale de l’artiste révèle l’illusion d’une scène rythmées, entrelacs méthodique de bandes noirs où chevauchent une juxtaposition de pavés polychromes qui s’opposent et s’unissent en un tout dynamique. La toile, un instant vitrail, s’anime et plonge le spectateur au cœur d’un mouvement. Le réalisme en héritage s’est effacé pour ne conserver que la quintessence d’une expression abstraite, laissant à l’imagination le soin de créer du lien et se recomposer librement. Un subtil sens des nuances au service d’une peinture en cadence.
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