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Luther écrivait : « Qui a honte du mariage a honte de lui-même et d'être un homme ; cela signifie : vouloir faire mieux que Dieu. Mais c'est le Dieu de ce monde, le diable, qui a calomnié l'état de mariage et l'a fait honteux, tandis qu'il met en grand honneur la débauche. »
II avait souvent exhorté des prêtres ou des moines à prendre femme, et à fonder un foyer. Sans doute avaient-ils fait vœu de ne pas se marier, mais ils devaient comprendre que les ordonnances de Dieu sont au-dessus des vœux institués par les hommes.
Lui-même, cependant, avait d'abord décidé de rester solitaire. « II ne pouvait songer au mariage, tandis qu'il attendait chaque jour la mort et une sentence prononcée contre son hérésie. »
Mais en 1525, dans la tristesse qui lui venait de la guerre des paysans, ni la musique, ni la compagnie de ses amis ne lui donnaient un secours suffisant contre son isolement.
Parmi les nonnes échappées de leur couvent qui cherchaient un asile auprès de lui à Wittenberg, se trouvait une jeune fille sans aucune fortune, Catherine de Bora. Luther avait voulu la marier à un riche bourgeois de Nuremberg qui la laissa pour en épouser une autre, puis à un médecin dont Catherine ne voulut pas. Un ami de Luther, nommé Amsdorf, voulut connaître les raisons du refus de Catherine. Elle répondit : « Si Luther ou Amsdorf veulent de moi, je suis prête à me marier honnêtement avec l'un ou l'autre. »
Luther la trouvait alors un peu hautaine et fière, et ses amis lui conseillaient un autre parti. Mais il la jugea pieuse, sans reproche, et le 13 juin 1525, il l'épousa à Wilenberg. La cérémonie se fit selon les usages accoutumés. Un ami demanda au fiancé et à la fiancée s'ils voulaient se prendre l'un l'autre comme époux. L'ami joignit leurs mains, et dès lors, ils furent mariés devant l'Eglise et les autorités. Une prière et une exhortation accompagnèrent l'action, que suivit un repas en commun.
Le mariage de Luther scandalisa quelques-uns des premiers adeptes de la Réforme en Allemagne. Luther répondit : « Les anabaptistes et les paysans ont fait parmi nous tant de tort à l'Evangile, et rendu les papistes si orgueilleux, qu'il semble qu'on doive recommencer à prêcher l'Evangile tout de nouveau. C'est pourquoi je ne parle plus seulement, mais j'agis. J'ai épousé une nonne pour braver des ennemis déjà triomphants. »