Les sentiments peuvent-ils avoir un développement durable ?
(English translation above)
BONNE PIOCHE !
Voici la haute mer des sentiments humains,
Où de fiers chalutiers cherchent à se remplir,
Conduits souventefois par de jeunes marins
Gouvernant, affamés, leur vide poêle à frire.
Et frétillent les cartes, dans les creuses mains.
Au gré des sentiments, suivant leur appétit,
Ils pêchent ici Bonté, un peu plus loin Tendresse,
Quelque fois même Amour, plus souvent Sympathie,
Cherchant à conquérir des lettres de noblesse.
Et se donnent les cartes, mais sans garantie.
Or le temps de la pêche est différent en mer
-Où l'horizon toujours nous paraît infini-
De celui, quotidien, que l'on vit sur la terre,
Et qui use la vie, et nous lasse et ennuie.
Et s'abattent les cartes, le sourire amer.
Car je sais des pêcheurs avoir fait bonne pêche,
Pleurer dans leurs filets pour avoir abusé
Insidieusement, dans une poêle sèche,
Et pendant trop de jours, de leur plat préféré.
Et sanglotent les cartes sur un os de seiche.
C'est alors que leur pêche adopte un autre accent,
Se change en confession, parfois en repentir;
Mais loin de leurs filets, ayant perdu du sang,
Vont s'enterrer les cœurs, tremblants en l'avenir.
Et se taisent les cartes. Qui sont les gagnants ?
Myckaël Marcovic, le 7 mars 1991.
Approximate translation :
Can feelings have sustainable development?
GOOD PICK!
This is the high seas of human feelings,
Where proud trawlers seek to fill themselves,
Driven often by young sailors
Ruler, hungry, empty frying pan.
And shudder the cards, in the hollow hands.
According to feelings, according to their appetite,
They fish here Goodness, a little further Tenderness,
Sometimes even Love, more often Sympathy,
Seeking to conquer letters of nobility.
And give themselves the cards, but without guarantee.
But the fishing season is different at sea
-Where the horizon always seems infinite to us-
Of the daily life we live on earth,
And wears out life, wears us out and bored us.
And the cards fell, the bitter smile.
'Cause I know some fishermen have done good fishing,
Crying in their nets for abuse
Insidiously, in a dry frying pan,
And for too many days, their favorite dish.
And sob cards on a cuttlefish bone.
It was then that their fishery adopted another accent,
Changes into confession, sometimes into repentance;
But far from their nets, having lost blood,
Will bury their hearts, trembling in the future.
And the cards are silent. Who are the winners?
Myckaël Marcovic, March 7, 1991.