Patrice Dutil s’entretien avec Pierre Anctil, professeur d'histoire à l'Université d'Ottawa, la vie et le travail d'Henri Bourassa. Le fondateur et rédacteur en chef du journal Le Devoir était sans doute l'un des penseurs politiques les plus influents au Canada au cours des 150 derniers. Ici, on discute de la perspective de Bourassa envers la Confédération tel qu’élaborée dans un éditorial signé par Bourassa le 26 juillet 1910 intitulé « Le Canada: devrait-il être français ou anglais? »
Mon seul objectif est de faire comprendre à tous, qu'ils soient d'origine anglaise, française ou irlandaise, que le Canada est resté un territoire anglais uniquement en raison de la fidélité des Canadiens français. En outre, cette fidélité mérite d'être particulièrement reconnue, car elle a été affichée avec plus de force pendant une période où les Canadiens français tenaient entre leurs mains le destin de la couronne britannique au Canada, tandis que les représentants officiels de la Grande-Bretagne les considéraient comme des parias.
Sans cette loyauté doublement méritée, l'Angleterre ne posséderait pas un seul pouce de territoire en Amérique.
Loin de me permettre de conclure que les Canadiens français ont acquis leur droit de dicter leur volonté sur la Couronne ou sur la naïve majorité anglo-canadienne des Canadiens.
Non, le Canada n'est pas et ne doit pas être français.
Ce n'est pas non plus, ou doit l'être, en anglais.
Par sa constitution politique, par sa composition ethnique tout comme par la loi naturelle, le Canada est une Confédérations Anglo-Françaises, fruit d'une union fertile entre les deux grandes et nobles races. Sous l'égide de la Couronne d'Angleterre, il doit rester l'atout d'une nation bilingue.
Aucune des deux races n'a le droit de dominer l'autre ou d'imposer, soit dans le gouvernement interne du pays, soit à l'égard de la patrie, toute politique contraire à la tradition et aux intérêts communs de la Confédération.
Toute tentative de dominer ou assimiler les Canadiens français ne fera qu'affaiblir la force de leur sentiment nationaliste. Le jour où ils ne se sentent plus à la maison, pas seulement dans la province de Québec, mais dans toute la Confédération canadienne et qu'ils ne voient plus dans la constitution les lois et les coutumes du Canada, symbole de leur double origine, ils cesseront Placer l'institution de leur pays en avance sur celle des États-Unis.
Quiconque, dans l'État ou dans l'Église, fait un effort pour assimiler les Canadiens français à travers le langage, la formation intellectuelle ou les douanes, est le pire ennemi de la paix, de la grandeur et surtout de l'unité des Canadiens.
Réalisateurs : Sabrina Bertsch, Cindy Long, Vincent Piette
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