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Description

La quête d'une vie

J'ai erré longtemps avant de te trouver, et même encore aujourd'hui tu m'échappe des fois, que pourrais-je être sans toi.

Tu es là un moment et un autre je ne te trouve pas, alors je me replis sur moi-même et je ne sais plus fonctionner, je me perds, je suffoque, je te cherche encore et encore … je regarde autour de moi… pourquoi, au moment où je m'y attends le moins, tu t'éloigne de moi?

Ce rideau est épais, ce rideau qui te cache de moi, ce rideau je le sais bien, il fait partie de moi, il est en moi, c'est moi-même qui le crée, c'est moi-même qui l'étend, c'est moi-même qui le tire, c'est moi-même qui l'ait fait, si épais…

C'est moi-même ou les autres, parfois j'aimerais le dire, ce n'est pas moi c'est eux, c'est eux qui le soulèvent… je le dit et le redit, me sentirais-je plus sereine? Apaiserais-je mes craintes? Mes craintes s'endorment, le temps d'un petit som, le temps d'une pause et le rideau opaque, de plus en plus opaque, il est toujours là.

Je me débats encore, je te vois t'éloigner, mes cris ne sortent pas, je me sens lâche et vile, je ne veux pas de miroirs, ces miroirs au fond de moi, ces miroirs cruels, ces miroirs qui me renvoient mon visage sans toi… sans toi, mon visage est flou, mon visage ne me plait pas… mais je souris quand même, des sourires difformes, des sourires en grimaces, des sourires pour les autres, tous ces autres autour de moi, qui endorment mes craintes, qui veulent guider mes pas… toujours loin de toi.

Je m'enfonce et m'enfonce, toujours plus profond, mes sourires s'étirent, mes craintes s'apaisent, la foule est plus dense mais toi tu n'y es pas.

Mais très vite la foule m'étouffe, mes craintes sont lasses de dormir, mon sourire n'en peux plus de s'étirer, mes miroirs, que j'avais, un instant, oublié, se rappellent à moi. Qu'ai-je donc fait à ce visage qu'ils me renvoient? J'ai oublié ses traits, ses traits ne se voient pas, ses traits sont diffus, j'ai perdus mon nez, mes yeux ne brillent pas …. J'ai tant besoin de toi.

Alors je tends la main, je veux tirer le rideau, ce rideau si épais, ce rideau devenue lourds, pourrais-je le tirer, j'en ai longtemps douté, j'ai douté de ma force, j'ai douté de ma volonté, j'ai douté de moi, j'ai douté de toi, car le doute, ont le sait, affaiblis les grands, affaiblis les forts, que dire alors de moi?

Mes miroirs me poussent. Je ne peux plus voir ma grimace devenue hideuse à mes yeux, je ne peux plus entendre ma voix éteinte devenue grincement à mes oreilles… tous me poussent, poussent mon bras, mon bras devient fort, mon bras s'étend vers toi, il s'étire et s'allonge… et comme une évidence, tu as toujours été là, à côté de moi, c'est moi qui ne te voyait pas… même si tu es en moi… même si tu es moi…

Kenza

narration par Karo des carOlinade