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Description

Laissez moi vous attraper à la gorge, que je m’agrippe, m’accroche à vos cordes vocales, boucler ma rage d’un dernier râle. Le supplice n’a que trop duré, pour peu vous supplier, vous, supplicié, que cessent mes miaulements, ces maux que je mâche, mastique, d’un grincement d’acier, alors que le vent gémit dans mes poumons.
L’horizon se prête à vos mœurs, quant à moi je décède, lentement, l’affliction est amère, mes tumeurs vénéneuses, l’abcès se refuse à percer les énigmes, subsiste à mon existence envers et contre nous.
Je vous vois venir, tout comme votre prochain départ, je vais hurler, je le sens. Laissez moi vous desserrer les dents, que pénètre ma langue de vipère, fourchue comme la déraison, taillée comme la folie. Alors griffer votre précieux palais, écorcher la moindre muqueuse, tout ce que j’ai aimé, dégusté, suçoté jusqu’à la moelle.
Faites-moi face avec férocité, que mes yeux mangent les vôtres, que mes mains vous haïssent autant qu’elles vous subliment. Faire de votre amour le plus exquis des cadavres puis le brader au moins vaillant , que coule l’absinthe goulue , que se noie le dégoût, que je touche le fond , la fierté au plus mal, mon envie à la cime.
Laissez moi me donner dans toute ma laideur, une dernière fois.
Vous ne sauriez souffrir du plus petit regret , quitte à donner nos restes dans le quartier chinois ou bien vendre ma peau avant de l’avoir tuée.
Je vous sais prêt à tout , je me sens hors de moi.
La gueule ouverte, mon gouffre béant, j’ai comme une envie de chicane, de querelle bestiale, et vous mordre le derme, et vous chiquer les joues jusqu’à que peines s’en suivent.