L'imaginaire comme clé pour décoder le réel. Voilà ce qui anime Fanny Taillandier, agrégée de lettres, enseignante et romancière aux multiples distinctions littéraires. Dans cette conversation intime, elle nous dévoile comment ses romans naissent toujours d'une observation qui l'interroge, d'un élément du quotidien qui soulève des questions plus vastes.
Prenez "Farouches", où un simple sanglier visitant un jardin devient prétexte à explorer nos frontières, notre rapport à l'altérité, les questions environnementales et même la xénophobie. C'est tout l'art de Taillandier : partir d'un détail apparemment anodin pour tisser une réflexion profonde sur notre société. Son prochain roman, inspiré par le phénomène des "bébés tueurs à gages", prolonge cette démarche en s'intéressant aux adolescents pris dans la violence sociale, cherchant à comprendre plutôt qu'à juger.
Ce qui frappe dans sa démarche, c'est cette conviction que la fiction, même en inventant, nous permet de mieux saisir les nuances du monde. "Un roman, c'est une histoire. Ça peut être une histoire très simple, mais on aime lire des romans pour ce qu'elle nous donne comme accès au reste," nous confie-t-elle. Dans un monde polarisé où chacun affirme des vérités sans nuance, ses livres offrent cet "espace de doute" salvateur qui nous rappelle notre commune humanité. Une conversation qui nous invite à reconsidérer la puissance de l'imaginaire comme outil de compréhension du réel.
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