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Interview de Olivier Dasini, MySQL Principal Solutions Architect EMEA Oracle France
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La vidéo de l'interview Webcam est disponible en bas de page
Introduction, MySql, le rachat par Sun puis Oracle
Aujourd’hui avec optimisation entreprise, Olivier Dasini. Olivier, bonjour, tu vas bien ?

Bonjour Stéphane, très bien et toi ?

Super, merci d’être revenu, c’est super gentil. Est-ce que tu peux te présenter pour qu’on sache qui tu es ? Et puis après, une fois qu’on aura effectivement le poids de ta parole, tes origines, on rentrera sur MySQL, Oracle, etc.

Alors, je m’appelle Olivier Dasini. Je suis dans l’écosystème MySQL et l’open source au sens large du terme depuis une vingtaine d’années maintenant,le temps passe vite… Pour faire simple, j’ai commencé en tant que développeur PHP, et formateur PHP. Et puis, dans la boîte où j’étais, on a eu l’opportunité d’être partenaire MySQL France.MySQL France est arrivé, donc c’était une poignée en fait, et ils cherchaient une boîte, un partenaire pour faire des formations.

À l’époque de Kaj Arno ?

À l’époque de Kaj, effectivement.

D’accord, tu étais chez Anaska avec Cyril ?

Exactement, c’est Anaska. Avec Cyril, avec Romain et bien d’autres. Et donc, du coup, j’étais développeur PHP, formateur PHP. Et comme j’ai un background de base de données, lorsqu’ils ont cherché des partenaires pour faire des formations, j’étais désigné volontaire.J’ai découvert MySQL à ce moment-là, et j’ai été formé par l’équipe MySQL. Et puis, ça a commencé comme ça, un coup de foudre en fait.

Ok. Et tu es ingénieur de formation ? Qu’est-ce que tu as comme formation ?

Moi, j’ai une formation assez classique, universitaire en fait. Donc, j’ai fait des études orientées développement.

Donc, un deug de maths, une licence d’informatique ?

Voilà, c’est ça. C’était exactement ça. D’ailleurs, pour la petite histoire fun fact, j’ai découvert la base de données en licence, ou peut-être un petit peu avant la licence d’informatique. C’était sur du Postgresql, en fait. J’étais à l’université Antilles Guyane,donc on n’a pas beaucoup de moyens là-bas. Et on a du soleil, mais pas beaucoup de moyens. Et du coup, l’open source, c’est très indiqué, notamment pour ce type de contexte. Et j’ai découvert la base de données. Et je me suis dit, en fait, quand j’ai découvert la base de données là-bas, je me suis dit… Mais jamais je ne travaillerai dans les bases de données:))) C’était un autre monde. Et puis voilà, quelques années plus tard,je me suis spécialisé là-dedans.

D’accord. PostgreSql, c’était en quelle année, ça ? 2003, 2004 ?

Sûrement dans ces eaux-là. Je ne suis pas très bon en années. Ça remonte. Je n’avais pas de cheveux blancs à l’époque, en tout cas. Mais ouais, ça date.

Déjà, à l’époque, c’était extrêmement en avance, PostgreSql. Il fallait faire ses propres index. Mais si je me souviens bien, les concepts de clés étrangères et de relationnels étaient plus avancés que MySQL au départ.

Oui, tout à fait. Mais en fait, le concept est différent. Postgres se veut, on va dire, la version open source de la base de données Oracle. Donc Oracle qui reste la référence en termes de bases de données. Voilà, la base de données la plus avancée. MySQL, en fait, le concept était différent. C’était plutôt du pragmatisme. Et d’ailleurs, je pense que c’est ce qui a contribué à rendre populaire MySQL, c’est que ça n’a pas été à priori fait pour des spécialistes de bases de données. En fait, c’était du DevOps avant l’heure. La plupart des gens qui géraient les bases de données MySQL, c’était des développeurs, c’était des admins sys. Pas forcément des gens qui ont un background base de données, en fait. Pas des DBA, je veux dire, en sens littéral du terme. Et voilà, typiquement avec MyIsam, par exemple, pour faire une sauvegarde, on faisait une sauvegarde du file system. Donc, d’un point de vue admin sys, c’était un outil admin sys supplémentaire, en fait. Du coup, l’avantage, c’est que ça a permis à plein de gens qui n’avaient pas cette culture de base de données de pouvoir partir avec une base de données qui fonctionnait bien et qui fonctionne toujours bien. D’ailleurs, l’inconvénient, c’est que les bonnes pratiques n’étaient pas forcément respectées à l’époque, mais ça a donné beaucoup de boulot aux consultants par la suite, Ce qui n’est pas plus mal non plus :)

Alors, on va rappeler aux gens, on va faire un petit peu d’histoire, parce que moi, j’ai connu ça.Je suis un ancien, j’ai commencé à bosser en 1999. Je sortais de l’informatique de gestion et j’ai vu les premiers sites internet qui faisaient la base de données sur des fichiers textes, avec des développements en Perl et qui allaient taper dans des fichiers en texte. Et j’ai vu MySQL arriver qui, en fait, a mis une couche d’interpréteurs SQL au-dessus, en fait, de ces fichiers textes. Et c’est comme ça qu’est venu MySQL. Et c’est comme ça qu’à l’origine, le moteur MySQL s’est développé. InnoDB, c’est bien, bien, bien, bien, bien plus tard. Et effectivement, tu prenais les fichiers MySAM, là, tu les recopiais d’un répertoire à l’autre et tu recopiais tes tables. Et au lieu de faire des tableaux en mémoire en lisant des fichiers textes, tu avais un outil, mais qui, lui, contrairement aux autres, avait plusieurs avantages. C’est que, un, tu ne facturais pas, tu n’étais pas en train d’acheter le nombre de connexions, chose qui était le modèle client-serveur qui existait beaucoup à l’époque dans les bases de données professionnelles. Et c’était axé rapidité, parce que tu n’avais pas 10 ou 15 personnes sur un client-serveur, là, tu avais le monde qui était en face. Donc, c’est comme ça, effectivement, que MySQL est rentré dans l’Internet, dans l’Open Source. Et les autres ont mis longtemps à le rattraper. MySQL Server et les autres ont mis un certain temps, effectivement, à le rattraper. Ce que j’ai dit c’est bon, est-ce que j’ai dit ça colle, là ?:)

Oui, tout à fait. C’est exactement ça. Je rajouterais juste qu’à cette époque-là, la plupart de ces applications plutôt orientées web avaient des workloads plutôt orientées lecture. Et donc, du coup, ce modèle-là était totalement adapté pour ça, notamment MyIsam. Pour la lecture, c’était super rapide.

Absolument, absolument. D’ailleurs, on fait un pas en avant de plusieurs dizaines d’années, mais MongoDB, quelque part, philosophiquement,c’est le retour à cette origine-là.

Exactement, c’est exactement ça. L’idée, c’est que, comme je te disais, c’était un outil qui n’était pas forcément orienté DBA, mais plutôt pragmatique. C’est ce que j’entends par pragmatique. Ce n’était pas une base de données aussi complète qu’un PostgreSQL, par exemple, mais beaucoup plus simple à appréhender. Et du coup, il n’y avait pas forcément tous les outils préférés des DBA. Donc, c’est venu par la suite. Ça s’est complexifié. Et exactement, l’exemple MongoDB est super bon exemple. On est revenu en arrière, en fait, pour des raisons de performance, de simplicité. Et finalement, typiquement, je ne sais pas si tu te souviens, mais au début, quand le NoSQL, le mouvement NoSQL s’est présenté, NoSQL qui veut dire Not Only SQL, ce qui a totalement du sens. Le SQL n’est pas adapté pour tout. Mais ils ont essayé de rentrer en confrontation pour dire No-SQL, pas du tout de SQL. Et finalement, la plupart de ces outils-là ont redéveloppé leur propre langage SQL parce que manipuler les données, je suis désolé de le dire, pour ceux qui n’aiment pas le SQL, mais on n’a pas rien fait de meilleur aujourd’hui que le SQL pour manipuler les données. Cette couche d’abstraction, ce langage descriptif, en fait, en langue anglaise, on va dire en langue naturelle : donne-moi les noms, les prénoms des clients qui ont consommé, qui ont dépensé tant, etc. Cette couche d’abstraction pour aller manipuler les données, c’était révolutionnaire pour l’époque. On n’a pas fait mieux aujourd’hui.

Le langage SQL, c’est 1974-75, c’est par là ?

C’est dans ces eaux-là.

Et puis la programmation objets, on va dire aussi. Il n’y a pas eu tellement d’énormes révolutions technologiques à part la certaine complexification... Donc là, MySQL, effectivement, on découvre MySQL. Est-ce que toi, tu as assisté au rachat de MySQL par Oracle ?

Oui, tout à fait. À cette époque-là,je faisais déjà partie de la communauté. Dans le déroulé, MySQL, qui était propriétaire de MySQL AB, la société qui faisait MySQL…

Avec le petit dauphin:)

… a été rachetée par Sun. Lors du rachat par Sun, au niveau de la communauté, c’est plutôt bien passé. L’idée, c’était qu’on pensait que ça allait permettre à MySQL de franchir un cap. En tant qu’indépendant, c’est toujours un peu compliqué d’aller chercher des ressources, notamment financières, donc de franchir un cap pour aller taper d’autres marchés, enrichir le produit, etc. Et puis, dans la foulée, un an après quelque chose comme ça, il y a eu le rachat de Sun par Oracle.Et là, d’un point de vue communauté, ça a plutôt fait peur, on va dire. Ça a plutôt fait peur. On n’était pas forcément très ravis parce que j’imagine qu’il y a plusieurs raisons derrière ça. Une des raisons, en tout cas, c’est que Oracle, c’est le propriétaire de Oracle DB, la base de donnée la plus avancée. Et du coup, en tant qu’utilisateur MySQL, en tant que fan de MySQL, on se demandait qu’est-ce qui va devenir de MySQL dans ce contexte-là. Ça, c’était une des raisons. Je ne l’ai pas précisé, mais je pense que c’est important. Aujourd’hui, je travaille pour Oracle dans l’équipe MySQL. Et d’ailleurs, comme c’est une grosse boîte américaine, il faut que je précise également que je ne suis pas porte-parole d’Oracle et tout ce que je vais dire aujourd’hui n’engage que moi et ne représente pas forcément ce que la société pense. Je suis obligé de le dire.

Oracle si tu nous vois :)

:))))))))

Oracle, comment il s’appelle le directeur déjà d’Oracle ?

Le grand chef, Larry Ellison

Larry Ellison,